L’eczéma du nourrisson pourrait être lié au stress

L’eczéma se manifeste chez approximativement 20 % des bébés. Selon des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’université de Toulouse, ce phénomène est associé au stress ressenti par certaines femmes enceintes. Ils ont publié leurs recherches dans la renommée revue américaine Nature le mercredi 27 août.
À lire >> Don du sang : les informations sur les hommes ayant eu des relations homosexuelles seront effacées
De nombreuses recherches avaient déjà mis en évidence une corrélation, sans toutefois parvenir à l’expliquer : lorsque la future mère est soumise à un stress considérable pendant la grossesse, plus précisément durant le second trimestre, le risque pour son bébé de développer de l’eczéma augmente. Ces petites taches rouges apparaissent généralement dans les recoins des coudes, des jambes ou sous les couches. En raison des inflammations qu’elles engendrent, l’eczéma perturbe souvent le sommeil du bébé.
Une équipe de chercheurs à Toulouse a réussi à établir le rapport entre l’anxiété maternelle et l’eczéma chez le nourrisson, du moins dans une étude sur les souris (merci à ces animaux). Ils ont amplifié le stress chez les femelles gestantes en les exposant à une lumière plus intense plusieurs fois par jour. « L’étude démontre que le stress entraîne une élévation significative des niveaux de cortisol chez la souris », détaille Nicolas Gaudenzio, l’un des co-auteurs de l’analyse.
« C’est l’hormone qui réagit face au stress », poursuit le chercheur. Et ce cortisol va perturber, en même temps le système immunitaire en développement du fœtus et le système nerveux sensitif qui permet de percevoir la sensibilité tactile et mécanique. Après leur naissance, les bébés souris exposées au stress ont montré des problèmes cutanés absents chez ceux issus de rongeurs qui n’ont pas subi de stress artificiel.
L’étude conclut donc que l’eczéma chez les bébés pourrait avoir « une origine prénatale ». Cependant, ces résultats ne démontrent pas nécessairement l’existence d’un mécanisme similaire chez l’homme, puisque son fonctionnement diffère largement de celui de la souris. Néanmoins, les chercheurs ont observé, à la suite d’échantillonnages chez une cinquantaine de femmes enceintes, qu’un niveau élevé de cortisol était par la suite lié à une fréquence accrue d’eczéma chez leurs bébés.
Voilà pourquoi Nicolas Gaudenzio exhorte à continuer les investigations sur la question. « On estime que c’est véritablement essentiel pour saisir pourquoi certaines affections pédiatriques émergent plus tard », dit-il. Bien que l’eczéma du nourrisson tende à se résorber naturellement, il peut persister chez le jeune enfant pendant plusieurs années, et être par la suite un facteur déclenchant des affections cutanées, de l’asthme ou encore des allergies alimentaires.
