La colère des médecins face aux patients non vaccinés

La colère des médecins face aux patients non vaccinésFace à la hausse des hospitalisations dans un système médical éreinté, des soignants sur le pont depuis le début de la pandémie témoignent de plus en plus de leur agacement et de leur colère face à une situation qui pourrait être moins pénible, selon eux, sans l’admission croissante des patients Covid.

Un sentiment d’autant plus amer pour les soignants qui rapportent que bon nombre de patients hospitalisés pour la Covid-19 ne sont pas vaccinés. « De pas tenir », témoigne sur Twitter l’urgentiste Julie Oudet face à la nouvelle vague. La médecin urgentiste déplore que des patients Covid soient hospitalisés dans des box saturés au détriment des autres patients qui doivent attendre dans des couloirs inconfortables.

Elle rapporte le cas d’« un patient dont la pathologie a souffert du retard engendré par les déprogrammations successives, à cause de la Covid ». Entre le 15 novembre et le 12 décembre 2021, les 9 % de personnes non vaccinées dans la population française de 20 ans et plus représentent notamment 42 % des admissions en hospitalisation conventionnelle pour lesquelles un PCR positif a été identifié, 54 % des entrées en soins critiques et 39 % des décès, rapporte la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques . Sur le front, dans les services d’urgences, d’autres médecins font part de leur agacement. À Marseille, l’hôpital de la Timone a dû réorganiser son service d’urgences en dédiant un secteur à la Covid-19 face à la nouvelle vague.

Ce n’est pas un choix individuel de se vacciner, c’est devenu un choix collectif ! Puisque là, 10 % de la population met en péril les 90 % qui restent », s’irrite Yohann Dubois, responsable de l’unité des soins intensifs au Groupe hospitalier mutualiste (GHM) de Grenoble, cité par le Dauphiné Libéré .

À LIRE AUSSI >> Vacciner les enfants de 5 a 11 ans servirait « juste à protéger les adultes non vaccinés »

« C’est quand même rageant d’avoir tous les gens que je vois aux urgences, non-vaccinés. Si tout le monde était vacciné ici, on n’aurait pas de problème de places à l’hôpital, ni aux urgences, ni en réanimation », rapporte le docteur Nicolas Bonté sur France 3 Provence-Alpes . « Aujourd’hui, on altère la qualité des soins de tout le monde notamment parce qu’une partie de la population a fait le choix de refuser le vaccin. » Les cas graves de patients hospitalisés pour la Covid nécessitent une prise en charge urgente.

De fait, l’admission prioritaire à l’hôpital des malades de la Covid non vaccinés soulève un « dilemme éthique » qui divise le corps médical, rapporte La Croix, rapportant le cri d’alarme d’un médecin réanimateur qui dénonce des « priorisations de plus en plus drastiques ». Bien qu’ils traitent tous les patients, peu importe leur statut vaccinal, des médecins avouent avoir de moins en moins d’empathie pour les non-vaccinés. Quoi qu’il en soit, la prise en charge prioritaire des non vaccinés anime un débat qui émerge au sein de la communauté médicale, exaspérée par un système hospitalier au bord de la rupture.

En clair face à l’admission dans les hôpitaux de patients Covid non vaccinés, des soignants s’agacent de devoir les prioriser en déprogrammant des soins et traitements pour des patients dans le besoin.

Vous pouvez également aimer

Menu Title
Follow by Email
RSS