Pourquoi le port du masque n’est-il pas obligatoire

Masque de protectionMalgré les recommandations de l’Académie de médecine, l’obligation de porter un masque anti-projections ne fait pas partie des mesures imposées par le gouvernement contre l’épidémie de Covid-19.

Le port du masque anti-projections a été rendu obligatoire dès la première semaine du dé-confinement dans les transports publics ainsi que dans les lieux où « les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties », détaille un décret publié le 11 mai, comme dans de nombreux magasins et commerces.

Le communiqué de l’Académie de médecine, daté du 22 avril et intitulé « Aux masques citoyens ! », le port du masque semble une évidence. « A ce jour, les meilleurs outils de protection dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 restent les mesures de distanciations sociales et le port du masque grand public, lorsque la distance physique minimale d’un mètre ne peut être respectée », maintient la Direction générale de la santé (DGS) contactée par franceinfo.

« En l’absence de vaccin et de médicament efficace contre le Sars-CoV-2, le seul moyen de lutte consiste à empêcher la transmission du virus de personne à personne », explique l’institution.

Interrogé par franceinfo, le maire de Nice, Christian Estrosi, prend très au sérieux les recommandations de la communauté scientifique sur l’utilité du port du masque : « Je cite l’Académie de médecine : ‘Pour être efficace, le port du masque anti-projections doit être généralisé dans l’espace public.’ (…) Il faut réussir le dé-confinement et cela passe par le respect des gestes barrières, par la distanciation physique et par le port du masque. »

Dans sa commune, l’édile a pris un arrêté reprenant les termes du gouvernement : le masque est obligatoire « dès lors que la distanciation physique ne peut être garantie » et « ce à partir de l’âge de 11 ans », précise-t-il.

« Peut-être qu’il aurait été mieux, effectivement, de dire aux Français que le port du masque est obligatoire dès lors que la distanciation sociale est impossible », concède Yann Cucherat à Lyon.

Le port du masque n’a pas été retenue par le gouvernement. « Ce n’est pas le choix que nous avons fait. (…) Lorsque vous vous promenez seuls dans la rue ou la campagne, le masque n’a pas d’intérêt immédiat », a expliqué Édouard Philippe le 7 mai, lors de la présentation du plan de dé-confinement.

De quoi susciter de nombreuses interrogations au sein de la communauté scientifique mais aussi chez de nombreux élus locaux, qui tâchent d’adapter cette nouvelle directive sanitaire à leur territoire.

Le gouvernement s’appuie sur la position de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus réservée quant à l’obligation du masque. Dans une recommandation du 6 avril 2020, l’OMS s’inquiète des effets contre-productifs que pourrait avoir son obligation généralisée, pointant du doigt le « faux sentiment de sécurité » que peut engendrer le port du masque. Qui peut mener à une « négligence » des autres mesures essentielles pour lutter contre le virus – hygiène corporelle et distanciation physique.




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