Selon la directrice générale de la sécurité intérieure la menace terroriste “est d’une nature différente aujourd’hui”

« Sans conteste, ces événements d’une envergure historique ont laissé une empreinte indélébile en France, chez les forces de l’ordre hexagonales, au sein de la DGSI et demeurent une source d’inspiration majeure pour nos missions quotidiennes », déclare ce mercredi 12 novembre sur franceinfo Céline Berthon, à la tête de la direction générale de la Sécurité intérieure, en évoquant les attaques du 13 novembre. « Il est impératif de ne pas perdre de vue cette réalité, car rien n’indique que ce scénario ne se répétera pas un jour », souligne-t-elle, précisant que « la menace revêt aujourd’hui une forme différente ».
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La directrice générale de la DGSI met en garde contre l’évolution des profils des individus concernés depuis 2015. De nos jours, la principale menace est essentiellement « endogène », émanant d’individus déjà établis sur le territoire national. Elle met également en avant le rajeunissement de ces profils. Une surreprésentation d’individus âgés de 21 ans et moins a été constatée, en particulier lors des deux dernières années. D’après les informations de la DGSI, près de « 70 à 71 % des individus appréhendés pour des projets d’attentats ou des attentats perpétrés ces dernières années étaient âgés de moins de 21 ans ».
Ce rajeunissement s’explique, selon Céline Berthon, par la stratégie en cours des organisations terroristes. « Ne disposant pas du pouvoir de représenter une menace, elles ont opté pour diffuser des messages et l’utilisation d’images, en particulier sur les plateformes en ligne », indique-t-elle. Ce processus, renforcé par les algorithmes, « vise à atteindre une audience plus jeune, friande d’images », et peut « orienter nos jeunes vers l’idéologie promue par les groupes terroristes », et « cela peut même conduire, par contre, à la planification d’actions ».
En l’an de grâce 2024, les services de la DGSI ont contrecarré neuf projets d’attentats. Depuis le début de l’année 2025, les services de renseignement ont également contrecarré six projets. Au global, « plusieurs milliers d’individus sont surveillés par l’ensemble des services antiterroristes français », grâce au fichier de suivi de prévention de la radicalisation terroriste, « ces individus présentant soit un risque avéré de passage à l’acte violent », soit « une volonté de rejoindre des organisations terroristes à l’étranger », explique-t-elle.