Comment expliquer le fiasco français pour la recherche d’un vaccin ?

Dans sa première phase de recherche fondamentale, le processus d’innovation souffre donc en France : d’un sous-investissement, d’une faible attractivité, et d’un financement aussi peu en ligne avec le standard de plus en plus élevé de preuve d’efficacité que du potentiel des recherches sur le vivant.
Entre la déclaration d’invention, la prise en charge par une filière de transfert (Satt ou autre), et la Commission nationale de déontologie, la complexité des démarches est telle que la France «se situe à la 32ᵉ position du classement Collaboration université-industrie en recherche et développement de la Banque mondiale en 2016».
Or, si les jeunes pousses trouvent en France un environnement assez favorable à leur démarrage, la phase de croissance, celle qui nécessite de lever des centaines de millions d’euros, souffre d’un déficit d’investisseurs stratégiques, capables de les accompagner dans leur développement de moyen terme.
Au passage, notons que malgré la présence de la Banque publique d’investissement (BPI) parmi ses actionnaires de référence, Valneva (start-up austro-bretonne) n’a pu obtenir de soutien suffisant auprès des autorités françaises pour obtenir des précommandes de l’Union européenne ; c’est grâce au Royaume-Uni qu’elle a pu poursuivre ses recherches et, si celles-ci sont concluantes, ce sont les Britanniques qui bénéficieront de 100 millions de doses.
La France est désormais dans une position de spectateur ; la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, la Suède ont tous développé un vaccin aujourd’hui approuvé dans de nombreux pays.
