Nouveautés de la rentrée scolaire 2025

Le retour à l’école offre au ministère de l’Éducation nationale la possibilité de réviser sa version. Le lundi 1er septembre, près de 12 millions d’étudiants et 850 000 enseignants reprendront leurs activités en classe. Le programme comprend une série d’actions initiées ou réalisées par la ministre Elisabeth Borne. Conformément à la tradition, elle doit organiser une conférence de presse de reprise le mercredi 27 août. Ce rendez-vous habituel de communication politique, rue de Grenelle, devrait permettre à la ministre d’insuffler une ambiance à l’année scolaire, tout en mettant en avant ses innovations. Franceinfo vous en présente les grandes lignes, étape par étape, à l’approche de la réouverture des écoles, collèges et lycées.
C’est l’innovation qui suscite le plus de discussions. À partir de septembre, le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) devrait faciliter la mise en œuvre des trois séances annuelles obligatoires sur le sujet, instaurées depuis 2001, mais rarement dispensées aux élèves dans la réalité. Ce dispositif, mis en place par le ministère de l’Éducation nationale en février, envisage une formation progressive adaptée à la progression des élèves dans toutes les écoles, collèges et lycées, qu’ils soient publics ou privés sous contrat. Il aborde des thèmes tels que la sexualité, le consentement, la gestion des émotions, ou encore l’identité de genre.
Cette directive, critiquée par certains membres de la droite et des conservateurs, y compris des associations et des parents d’élèves qui ont même porté l’affaire devant le Conseil d’État, est considérée comme « indispensable » par Elisabeth Borne et son ministère. Les partisans du programme Evars, dont tous les syndicats d’enseignants, considèrent en particulier qu’il est un instrument essentiel dans la bataille contre les violences sexistes et sexuelles.
Dans la filière générale et technologique, tous les élèves de première devront passer une épreuve anticipée de mathématiques en juin 2026. Cette discipline avait été éliminée du programme général en 2019, jusqu’à ce qu’un cours de mathématiques obligatoire d’une heure et demie soit réinstauré pour la rentrée 2023. Selon le ministère de l’Éducation nationale, l’objectif est d’assurer que les étudiants acquièrent « les compétences essentielles et les automatismes tels que la résolution d’équations, le calcul de proportions et de probabilités, ainsi que l’analyse d’indicateurs statistiques ».
En plus d’améliorer le niveau global, Elisabeth Borne souhaite également encourager les filles à s’orienter davantage vers les domaines des mathématiques et des sciences. Selon le ministère, l’écart de performance entre les filles et les garçons s’amorce dès le cours préparatoire. Selon les recherches internationales, cet écart figure parmi les plus significatifs de l’Union européenne. À partir de septembre, une sensibilisation et une formation aux biais de genre seront dispensées aux enseignants du primaire et du secondaire, dans le but d’encourager davantage les interrogations en classe auprès des élèves féminins. Des classes scientifiques à horaires flexibles seront testées dans sept académies (Amiens, Bordeaux, Créteil, Martinique, Nancy-Metz, Normandie et Poitiers) pour les niveaux quatrième et troisième. L’ambition est d’augmenter la proportion de filles en mathématiques en terminale à 50% d’ici 2030, comparativement à 42% à présent.
Finalement, afin de consolider les bases essentielles en mathématiques et en français, de nouveaux curriculums seront déployés de la maternelle jusqu’à la sixième, précise la circulaire de rentrée 2025 (Nouvelle fenêtre). « Bien que la lecture et les mathématiques continuent d’être des priorités, l’écriture, qui est cruciale pour le succès de nos élèves, mérite toute notre attention », peut-on lire. Désormais, des évaluations nationales seront indispensables pour tous les élèves en classe de cinquième. En ce qui concerne les groupes de soutien en mathématiques et en français, ils demeurent en place pour les classes de sixième et cinquième. Cependant, leur introduction en quatrième et troisième a été annulée par la ministre.
En juin 2026, la pondération des épreuves finales au brevet des collèges sera accentuée. Les examens finaux constitueront 60% de la note totale, par rapport à 50% actuellement. Le contrôle continu, qui ne comptera désormais que pour 40% de la note finale, se fondera sur la moyenne des notes accumulées tout au long de l’année de troisième, et non plus sur une évaluation des aptitudes.
Si l’école continue d’expérimenter le port de l’uniforme, la pause numérique, quant à elle, sera instaurée dans tous les collèges. Cette mesure, qui stipule que les étudiants doivent laisser leur portable à domicile ou le remettre à la direction de l’établissement, a été instaurée dans une centaine d’établissements l’an passé. D’après la note de rentrée, les expérimentations ont eu un « impact positif sur l’ambiance scolaire, la tranquillité des étudiants et du personnel ainsi que sur la réceptivité des élèves à l’apprentissage ». Elisabeth Borne, comme elle l’a mentionné devant les sénateurs en avril, « désire que les modalités d’application soient confiées au jugement des directeurs d’établissement, en collaboration avec les conseils départementaux ». « Il peut s’agir de casiers ou de pochettes, le coût par établissement peut être nul ou se chiffrer à quelques milliers d’euros », a détaillé la ministre.
Dès la reprise des cours, les élèves de sixième passeront des évaluations de condition physique en début d’année, pendant les leçons d’EPS. Ceci correspond à l’élargissement d’une expérimentation réalisée auprès de plus de 4 000 étudiants en 2024. On a évalué ces individus sur leurs aptitudes physiques en matière d’endurance, de puissance musculaire et de rapidité. Lors des trois tests, 4% des étudiants ont été identifiés comme étant en difficulté et nécessitant un soutien. Seuls 19% des étudiants ont été évalués comme ayant une condition physique satisfaisante. Cependant, le Snep-FSU, qui est le syndicat majoritaire des professeurs d’EPS, considère que ces tests sont « superflus », étant donné que leurs résultats « ont toujours été connus » par les enseignants.
Dès septembre, un projet « Avenir » sera mis en œuvre pour perfectionner l’orientation des étudiants au collège, au lycée et post-bac. De la classe de cinquième à celle de terminale, tous les élèves bénéficieront d’un programme éducatif axé sur l’orientation, comprenant quatre demi-journées consacrées chaque année. Ils auront également l’opportunité de visiter des entreprises ou de participer à des salons et forums. Au cours de l’automne, une demi-journée de formation sera également dispensée à 30 000 professeurs principaux de la classe de troisième.
