La France “refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité”

L’esclavage transatlantique a structuré le trafic de millions d’individus en provenance d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. La France a choisi de ne pas voter en faveur d’une résolution de l’ONU déclarant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, car elle a exprimé son refus de catégoriser les crimes contre l’humanité, a annoncé le chef de la diplomatie française à l’AFP le vendredi 25 avril. Lors d’une visite officielle de deux jours à Lomé, Jean-Noël Barrot a exprimé son plaidoyer en faveur de la levée de la suspension de France 24 et de Radio France Internationale au Togo.
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La précédente visite d’un ministre français des Affaires étrangères dans ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest remonte à 2002. Jean-Noël Barrot a déclaré : “Notre abstention sur cette résolution découle de notre refus d’établir une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité et de mettre en concurrence les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de causer aujourd’hui”. Il a souligné l’importance cruciale de mener un travail de mémoire et de vérité sur notre passé, en explorant à la fois ses aspects positifs et ses aspects les plus sombres, pour bâtir un avenir commun.
La résolution, qui a été adoptée à la fin du mois de mars par 123 voix pour, 3 voix contre (des voix provenant des Etats-Unis, d’Israël et d’Argentine) et 52 abstentions (notamment du Royaume-Uni et des Etats membres de l’Union européenne), qualifie la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains comme étant “les crimes les plus graves contre l’humanité”. Elle condamne ces actes en tant que “l’injustice la plus inhumaine et la plus persistante jamais commise contre l’humanité”. Elle encourage les États à s’impliquer dans un processus de justice visant à réparer les injustices du passé, incluant des excuses officielles, des réparations pour les descendants des victimes, des mesures de lutte contre le racisme, ainsi que la restitution des biens culturels et spirituels qui ont été pillés.
