La France est “adaptée à un climat qui a disparu”

Le climat « risque de plus en plus ». Dans son 8ᵉ rapport annuel publié le jeudi 9 juillet, le Haut Conseil pour le climat (HCC) souligne que « la France doit prendre ses responsabilités ». Chaque année, le document, qui examine les politiques du gouvernement en matière de lutte contre le changement climatique et d’adaptation face à ses effets, souligne que l’Hexagone et la Corse ont connu une augmentation de +2,2 °C entre 1900-1930 et 2016-2019. Ce niveau s’élève à +2,9 °C pendant l’été, avec une « intensification des vagues de chaleur », déclare l’organisme en pleine période de canicule.
Selon la climatologue Valérie Masson-Delmotte, lors de la présentation du document, les infrastructures, l’aménagement du territoire et les activités économiques « se sont développés et ont été adaptés à un climat qui n’existe plus », ce qui nécessite une mobilisation de la France pour faire face à ces enjeux et entreprendre un changement d’échelle des politiques climatiques d’atténuation et d’adaptation. Le HCC formule aussi un ensemble de recommandations, auxquelles le gouvernement doit répondre dans les six mois qui suivent. Voici les enseignements à tirer du rapport.
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« Nous traversons une époque tragique. » Les premiers mots du président du HCC, Jean-François Soussana, lors de la présentation du rapport, ont été adressés aux victimes des épisodes de chaleur « sans précédent » de mai et juin. « Nous entrons dans une zone dangereuse, où des températures dépassant les 40 °C touchent désormais régulièrement une grande partie de l’Hexagone », s’est également préoccupée Valérie Masson-Delmotte. Outre les canicules, le HCC compte par ailleurs la multiplication d’autres aléas climatiques, comme les sécheresses, les incendies et les précipitations intenses. La multiplication de phénomènes ayant « des conséquences scolaires, sanitaires, sociales, économiques et environnementales » entraîne une vulnérabilité croissante des habitants, des infrastructures, des activités et des écosystèmes. « La réponse de l’État pour une adaptation pour tous est insuffisante », s’indigne Sophie Dubuisson-Quellier, sociologue au CNRS, membre du HCC.
De son côté, Jean-François Soussana regrette, comme le rapport, des « logements bouilloires thermiques, un édifice scolaire et universitaire inadapté, un manque de lieux de fraîcheur urbain » ou encore « des difficultés de prise en charge des personnes fragiles », comme le souligne Jean-François Soussana.
Plusieurs recommandations sont énumérées dans le rapport, en particulier concernant les vagues de chaleur. C’est d’abord l’extension temporelle des dispositifs canicule, « dès mai et jusqu’en septembre », la fixation d’un seuil de température et d’humidité à partir duquel le travail serait impossible, la mise en place obligatoire de l’évaluation du confort d’été dans les DPE (diagnostic de performance énergétique) et la généralisation de « lieux publics frais » dans les villes. Le rapport propose également de « doter les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux et les établissements scolaires et universitaires d’espaces de proximité végétalisés, frais, rafraîchis, ventilés » par la « pose de volets, d’ombrages, de ventilateurs de plafond, de réseaux de froid, de dispositifs de climatisation fixes plutôt que mobiles, en privilégiant les pompes à chaleur réversibles et en réduisant les effets indésirables ».
Selon le HCC, l’adaptation seule ne sera pas suffisante. Il met en évidence l’importance de ne pas s’égarer dans l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, qui sont responsables du réchauffement climatique. “Les vagues de chaleur pourraient être multipliées par cinq en 2050 et par dix en 2100, ce qui serait inacceptable.” Selon Jean-François Soussana, directeur de recherche à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), il est impérativement nécessaire de s’investir dans la décarbonation.
Au niveau mondial, « les avancées dans la diminution des émissions sont trop lentes et trop restreintes » par rapport aux objectifs de l’accord de Paris. Sur le plan national?
En 2025, la France a publié. Les émissions diminuent ainsi de 3 % de 2023 à 2024, passant par conséquent à une diminution de 2,1 % un an plus tard.
Selon Diane Strauss, membre du HCC, les efforts doivent être repoussés aux années 2026 et 2027. Elle affirme que le rythme doit doubler, atteignant plus de 4 % par an, pendant les deux prochaines années.
Selon le rapport, les principaux secteurs responsables de ces émissions sont les transports (34 %), l’agriculture (21 %), l’industrie (16,2 %) et les bâtiments (15 %). Diane Strauss, directrice du bureau français de l’ONG européenne Transport et environnement, souligne que l’aérien a dépassé le niveau pré-Covid et qu’il est nécessaire de se questionner sur la croissance de ce secteur. Le rapport suggère donc « une interruption de l’augmentation des capacités des aéroports français ».
Le HCC évoque également les émissions provenant des importations de la France de l’étranger, principalement de l’Union européenne et de la Chine : elles « représentent la plupart de l’empreinte carbone de la France, elles dépassent les émissions territoriales et diminuent moins rapidement ». De plus, les sources de carbone, telles que les forêts et les sols, continuent de se détériorer en raison du changement climatique, même si elles jouent un rôle essentiel dans l’absorption du CO₂ de l’atmosphère.
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Stratégie énergétique bas-carbone, plan national d’adaptation au changement climatique, planification énergétique pluriannuelle… Le Haut Conseil pour le climat accueille avec enthousiasme la publication de ces textes. Comme le plan gouvernemental d’électrification pour faire face au blocage du détroit d’Ormuz : « Depuis l’accord de Paris, la France a développé un cadre juridique climatique de plus en plus dense, structuré (…), mais son efficacité reste insuffisante », modère le rapport. Il se plaint de « reculs et de fragilités », d’un manque de financement pour la mise en place de ces mesures et d’une « tendance récurrente à réduire la contrainte juridique dès qu’elle devient politiquement ou économiquement sensible ». Le HCC met particulièrement en garde contre les progrès dans la gestion intégrée de l’eau. Certains reculs sont constatés, en particulier concernant l’artificialisation des sols.
Dans un cadre de polarisation du débat parlementaire, ces affaiblissements et reculs constituent des signes graves d’alerte. En retardant, des verrouillages se forment, ce qui entraîne une plus grande vulnérabilité et des conséquences de plus en plus graves sur les populations. Sophie Dubuisson-Quellier, sociologue au CNRS et à Sciences Po, journaliste à la presse.
Le HCC exprime également son mécontentement face à la diminution des investissements publics et privés qualifiés de « verts » ces dernières années, ainsi qu’à la « sous-utilisation » des mesures de sobriété. Selon lui, ces choix aggravent « les pertes et les dégâts pour les individus et les territoires, en particulier les plus vulnérables ». Cependant, le HCC persiste et le précède, comme le rapport du GIEC : « Le coût de l’inaction est bien plus élevé que le coût de la transition ».
Depuis le XIXᵉ siècle, la moyenne de la température de la Terre a augmenté de 1,3 °C (Nouvelle fenêtre). Les chercheurs ont bien sûr déterminé que cette augmentation est causée par les activités humaines qui utilisent des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). La rapidité de ce réchauffement, unique, met en péril l’avenir de nos sociétés et de la biodiversité. Cependant, il existe des alternatives telles que les énergies renouvelables, la sobriété et la réduction de la consommation de viande. Explorez nos renseignements sur la crise climatique.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
