En Italie, la mafia de la tomate

En Italie, la mafia de la tomate
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Il s’agit de l’un des plus vastes bidonvilles en Europe. Pendant la période de pointe, jusqu’à 5 000 travailleurs immigrés vivent dans des abris précaires, entourés de déchets, sans accès à l’eau courante ni à l’électricité. Fréquemment en situation de séjour irrégulier, ces individus sont présents afin de récolter des tomates à un prix abordable, qui seront ultérieurement commercialisées sous forme de sauce ou de conserve à travers toute l’Europe.

La région des Pouilles représente environ 40 % de la production italienne. Un marché extrêmement lucratif, en grande partie grâce à cette main-d’œuvre souvent exploitée. Amadou Bah, un travailleur agricole, est arrivé en provenance de Gambie il y a une décennie. Il réside dans une habitation en compagnie de sept autres ouvriers agricoles. Ils partagent une surface d’environ dix mètres carrés, moyennant un loyer mensuel de 30 euros et dans des conditions d’hygiène déplorables. Une clôture a été érigée à l’arrière. C’est à cet endroit que nous prenons notre douche, tandis que les toilettes se trouvent plus loin. « Et la nuit, c’est n’importe où », déclare-t-il.

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Avec un rythme de travail soutenu et une rémunération très basse, il arrive que l’on soit payé trois ou quatre euros de l’heure dans ce contexte. En une journée, vous percevez un revenu de 20 euros, par exemple. Pour obtenir un revenu suffisant, il est nécessaire de consacrer un effort constant en travaillant quotidiennement, sans prendre de jours de repos. Il relate que, à moins d’être malade, on se retrouve immobilisé au lit.

Amadou, tout comme la majorité des résidents du quartier défavorisé, a été touché par une pratique connue en Italie sous le nom de caporalato, qui signifie « petit chef » en italien. Il s’agit d’un système de travail entièrement illégal impliquant des intermédiaires, également des immigrants, qui fournissent une main-d’œuvre bon marché aux propriétaires terriens italiens. Ils profitent des travailleurs, parfois non rémunérés et maltraités, dont les tragédies font régulièrement la une de l’actualité italienne. En juin 2026, trois ouvriers afghans et un ouvrier pakistanais ont trouvé la mort dans un monospace en flammes, décrit comme « une sanction pour avoir tenté de se rebeller », selon les commentaires de TGCOM24.

Au sein du ghetto, qui constitue une véritable enclave urbaine avec ses commerces et ses établissements de restauration, les travailleurs se trouvent complètement à la merci de ces intermédiaires qui s’intègrent parfaitement à l’environnement. Il est souvent très difficile d’identifier clairement les conducteurs des véhicules qui transportent les ouvriers dans les champs. Yvan Sagnet, un ancien travailleur agricole originaire du Cameroun, fait partie des rares individus autorisés à pénétrer dans le ghetto. Grâce à son organisation NO CAP, il apporte son soutien aux travailleurs. En dépit des menaces de mort, son objectif est de les persuader qu’il existe une alternative. Il affirme que « les individus désireux de vous embaucher se doivent de vous traiter avec respect ». Il déclare ce jour-là : « Nous sommes présents pour vous aider à surmonter cette situation. »

Alors qu’il expose les principes, un autre membre de l’association propose des contrats de travail à des entreprises locales qui respectent les droits. « Ma présence ici vise à envoyer des messages forts aux employeurs. » De nombreux individus m’ont aperçu en ces lieux récemment, il s’agit d’individus pratiquant l’esclavage. Je souhaite les mettre au défi. Il ne prétend pas pouvoir sauver chaque individu, cependant, il exprime sa satisfaction d’avoir pu en sauver deux, trois, quatre, cinq, dix, 20, voire 100.

Cette calamité est répandue dans l’ensemble des zones agricoles de la péninsule. Chaque année, les forces de gendarmerie mènent des investigations sur plus de 125 cas de caporalato en Italie. Le tribunal de Foggia, situé dans la région des Pouilles, gère à lui seul 20 % de ces affaires. Selon le procureur Enrico G. Infante, la problématique va au-delà du cadre strictement judiciaire, mettant en lumière une main-d’œuvre vulnérable et exploitée en raison de l’absence de documents de séjour. Elle se trouve dans la clandestinité et en situation de séjour irrégulier. D’un côté, il y a un secteur qui doit maintenir des prix très compétitifs pour rester concurrentiel sur le marché. Ces conditions structurelles favorisent l’engagement dans ce type d’activité, indépendamment de l’existence d’une réponse pénale.

Convaincu que la résolution du problème repose entièrement sur l’engagement des consommateurs, Yvan Sagnet a fondé un label il y a une décennie, en collaboration avec une vingtaine d’entreprises agricoles partenaires. Il effectue des contrôles réguliers pour garantir le respect des conditions de travail. En moyenne, les produits sont tarifés à 30 centimes de plus par rapport aux prix du marché. Le directeur associé, qui affirme n’avoir jamais eu recours à un sous-officier, a adhéré à l’organisation il y a trois ans. Il souligne l’importance pour les consommateurs de comprendre que même une augmentation de 10 centimes sur un produit peut avoir un impact significatif sur les entreprises. Selon Michele Cericola, entrepreneur agricole, cela permettrait de mettre un terme à l’exploitation abusive de la main-d’œuvre.

Sur le point de quitter définitivement le ghetto, Amadou Bah travaille désormais dans un environnement différent, un autre monde. « Ici, je me sens en paix. » Il est à noter que vous recevrez votre rémunération à la fin du mois. De plus, je n’éprouve plus le stress que je ressentais auparavant lorsque le caporal était derrière moi en me pressant constamment en disant : « vite, vite, vite », partage-t-il.

Combien de travailleurs demeureront encore pris dans ce système, une fois que l’on en aura retiré un ? Dans ce quartier défavorisé, figé dans le temps, le gouvernement italien avait bénéficié de financements européens dans le but d’améliorer cette zone précaire en construisant des logements dignes. Cependant, les initiatives n’ont pas été couronnées de succès, et les 54 millions d’euros alloués par l’Union européenne n’ont jamais été effectivement distribués, indique Raphaële Schapira de France Télévisions Rome.


(Article reformulé à l’aide d’IA)

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