Après un siècle d’absence les saumons sauvages sont de retour dans leur rivière en Californie

L’humanité a considérablement augmenté sa consommation de saumon, cependant, cette consommation est principalement composée de saumons d’élevage. Alors que la production mondiale de ce produit de masse atteint 3 millions de tonnes par an, les populations de saumons sauvages diminuent, essentiellement en raison des barrages qui entravent leur migration entre la mer et les rivières.
À lire >> Budget 2026 : Il y aura possiblement le recours au 49.3
En France, la population a subi une réduction de 10 000 depuis la mise en place des premiers barrages. En Californie, qui a été historiquement la région du monde avec la plus grande population de saumons, la situation est encore plus préoccupante : les saumons ont quasiment disparu. Cependant, les recherches scientifiques récentes démontrent la possibilité d’une réversibilité dans ce domaine.
Ce ne fut pas une tâche aisée, néanmoins, dans la région septentrionale de la Californie, le long du fleuve Klamath, une vaste mobilisation de la société civile a abouti à la suppression des quatre barrages entravant le déplacement des saumons. Il a été nécessaire d’engager un combat de vingt ans mené avec détermination par les représentants de la communauté autochtone des Yuroks, afin que le saumon soit reconnu non seulement comme une source alimentaire essentielle, mais également comme un élément central sur le plan spirituel et culturel.
En collaboration avec les pêcheurs, une équipe complète de scientifiques comprenant des hydrobiologistes et des techniciens de rivière, ils ont réussi à faire enlever les barrages, puis à rétablir la continuité de la rivière en 2024. Cette année, de manière exceptionnelle, plus de 18 000 saumons ont parcouru une distance de 500 km depuis l’océan pour rejoindre leurs sites de reproduction traditionnels. Il s’agit d’un récit captivant mettant en lumière la résilience d’une espèce sauvage.
En plus de son aspect narratif attrayant, la régénération du saumon témoigne de l’efficacité des nouvelles techniques de restauration des cours d’eau. En réduisant la capacité des barrages de quelques gigawatts, le saumon pourra profiter aux espèces qui en dépendent, telles que les orques ou les ours, ainsi qu’à toute une économie de pêche, ce qui représente un avantage pour toutes les parties impliquées. Un modèle potentiellement généralisable à la plupart des grands cours d’eau, notamment en Europe.
Ainsi, la communauté scientifique espère que ces saumons précurseurs pourront servir de modèle à l’échelle mondiale, afin d’initier une nouvelle approche dans la restauration des écosystèmes aquatiques.
