La méritocratie n’atteint pas ses promesses selon les professeurs Daniel Markovits et Michael Sandel

Star internationale de la philosophie politique, Michael Sandel(1) s’attaque à la « tyrannie du mérite ». Le professeur vedette de Harvard, toujours soucieux de réveiller les vertus civiques, s’attaque au « mythe méritocratique » et à la « chimère de l’égalité des chances ».

Trop individualistes, nous dit Sandel, ces formules mettent de côté le bien commun, ainsi que la plupart des habitants qui, sans s’estimer forcément « perdants », n’appartiennent pas au camp des « gagnants ». D’où, toujours selon Sandel, l’expansion des populismes.

L’épisode de Covid et de confinement ouvre des espoirs pour ce qu’en France on appellerait un « monde d’après ». Un monde dans lequel il faut, selon Sandel, redistribuer les revenus mais aussi les honneurs.

Dans un article lesechos.fr, Le philosophe appelle les dirigeants à l’humilité, pour calmer leur « hubris méritocratique » qui dessert la collectivité et corrompt les solidarités. Du côté des diplômés, il faut apprendre à respecter les non-diplômés.

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Son idée-force est ancienne, mais bonne à rappeler : nous sommes tous interdépendants. Et la désignation des plus méritants n’a strictement rien d’évident.

Mais, sous une « rhétorique de la mobilité sociale », il masque le renforcement des inégalités. Sandel observe que la gauche a dérivé pour soutenir surtout les classes moyennes supérieures, mettant de côté les catégories populaires et les travailleurs de l’ombre.

L’épisode de Covid et de confinement ouvre des espoirs pour ce qu’en France on appellerait un « monde d’après ». Un monde dans lequel il faut, selon Sandel, redistribuer les revenus mais aussi les honneurs.

Le philosophe appelle les dirigeants à l’humilité, pour calmer leur « hubris méritocratique » qui dessert la collectivité et corrompt les solidarités. Sandel souhaite que soit reconnue la dignité de tout travail, d’abord par un revenu décent. « Le mérite est une honte » sont les premiers mots de son ouvrage retentissant.

Une « nouvelle aristocratie » s’appuie sur la méritocratie. C’est un fardeau qui alimente l’érosion de l’appartenance commune, comme le repère Sandel lui aussi.

(1)Michael Sandel professeur de l’université Harvard et Daniel Markovits, professeur de droit à Yale.

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