L’État brade un magnifique domaine de recherche publique

Nouveau maître du Domaine de Grignon, celui qui se présente comme le « premier développeur immobilier de France » a été désigné vainqueur de l’appel d’offre de l’État au cœur du mois d’août.

Une grosse déception pour tous les opposants à la vente de ce site historique et naturel appartenant au ministère de l’Agriculture.

Ils dénoncent une « privatisation » et appellent à manifester ce samedi 11 septembre à 14 heures, à Grignon. « C’est un désaveu des acteurs locaux qui n’ont pas été entendus, en particulier la maire de Thiverval-Grignon opposée à la construction de nouveaux logements, ainsi que de l’action citoyenne qui n’est pas associée au projet », a déploré l’Association patrimoniale de la plaine de Versailles (APPVPA) dans un communiqué.

Le projet du géant immobilier ne paraît pas encore très clair, mais il annonce que le château deviendra « un campus de séminaires exploité par un partenaire de renom », il prévoit un restaurant étoilé et un hôtel pour une « programmation touristique responsable », l’arrivée de commerces de bouche, ainsi qu’« une programmation résidentielle adaptée prônant la mixité générationnelle ».

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Les projets antérieurs prévoyaient jusqu’à 500 logements, un chiffre qui a peu à peu été diminué. « Ils sont volontairement flous pour adapter le projet au fur et à mesure, et face aux protestations, ils l’ont verdi », dit à Reporterre Marie Martinez, animatrice de l’APPVPA. »

La revente des différentes parties du domaine et des logements « à la découpe […] ouvrirait la porte au démembrement de ce site unique ». Nous, on proposait un projet non mercantile », déplore Mathieu Baron, délégué général de l’association Grignon 2000, qui portait le dossier.« L’État n’a donné aucune justification à son choix d’Altarea ».

« Cela fait 200 ans que l’État forme des agronomes à Grignon, c’est très reconnu. C’est trop bête de détruire cette marque et ce domaine », déplore Mathieu Baron. Une action en justice est également envisagée.

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