Contraception : le stérilet masculin

Depuis quatre ans, un collectif de chercheurs du centre hospitalier universitaire de Lille s’investit dans la conception d’un dispositif intra-utérin destiné aux hommes, comme l’indique un rapport de France Inter daté du vendredi 22 mai. Les premières expérimentations sur des animaux sont prévues pour le mois prochain, en vue d’une éventuelle application chez l’homme dans le cadre d’une étude clinique prévue pour 2030. Il faudra patienter jusqu’en 2033 au minimum pour que le produit soit conforme à la réglementation européenne et puisse être accessible au grand public.
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Dénommé « STEOM », ce dispositif intra-utérin présente une apparence similaire à « une petite pince », comme décrit par Jessica Schiro, Ph.D. en biomécanique au CHU de Lille et l’une des conceptrices de l’appareil. Elle explique le fonctionnement de ce stérilet en précisant : « Alors que dans la vasectomie les canaux sont coupés, notre stérilet permet de placer le dispositif et de dévier le parcours des spermatozoïdes.»
La procédure d’installation, qui dure quinze minutes sous anesthésie locale, est similaire à celle de la vasectomie. Son action est strictement mécanique, sans perturbation prévue de la spermatogenèse. Le dispositif a été conçu pour une durée d’utilisation de trois ans et est réversible.
Selon Julie Prasivoravong, andrologue au CHU de Lille, le projet a été initié suite à deux observations : une augmentation de la demande de vasectomie en consultation d’andrologie et une réticence croissante des femmes à recourir à des contraceptifs, en particulier les contraceptifs hormonaux. Le nombre d’interventions de vasectomie a connu une augmentation quinze fois plus importante au cours de la décennie écoulée, de 2010 à 2022.
Julie Prasivoravong considère que l’enjeu principal réside dans la liberté de choix. De plus, il est possible de modifier ses opinions tout au long de sa vie. Il n’est pas nécessaire d’opter pour le même mode de contraception de manière permanente.
