En Gironde et dans les Landes, la monoculture de pins maritimes est un facteur de risque d’incendie

Dans ces forêts, le feu rencontre rarement des obstacles. En cas de sécheresse prolongée due à plusieurs semaines de températures élevées, les vastes plantations de pins maritimes peuvent se transformer en combustible pour les incendies. Depuis le mercredi 22 juillet, l’incendie en cours en Gironde a engendré la destruction de 42 000 hectares, forçant environ 220 000 individus à évacuer leur domicile. Les opérations de lutte mobilisent actuellement 2 500 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires, ainsi que 1 200 policiers et gendarmes, selon les données les plus récentes communiquées le lundi 27 juillet.
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Selon le procureur de Bordeaux, Renaud Gaudeul, l’enquête judiciaire se concentre actuellement sur la possibilité qu’un incendie ait été déclenché lors d’une opération de débroussaillage effectuée “pour le compte d’Enedis”. Bien que les circonstances exactes restent à déterminer, une interrogation supplémentaire se profile déjà : quelle est la raison derrière l’intensité de ces incendies de forêt ?
La région du massif de Gironde et des Landes est l’un des plus vastes domaines forestiers d’Europe. D’après l’Agence France-Presse (AFP), cette étendue territoriale, couvrant plus d’un million d’hectares entre la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne, est majoritairement constituée de pins maritimes, lesquels représentent 75% de sa composition et jouent un rôle crucial dans l’activité industrielle du bois. Cependant, le pin maritime n’est pas considéré comme un intrus en ce lieu. À la différence du pin d’Alep, caractéristique de la région méditerranéenne, ou du pin de Calabre, principalement présent en mer Égée et en Turquie, cette essence est indigène et s’adapte parfaitement aux sols sableux du Sud-Ouest.
D’après une étude prospective menée par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), la superficie totale du massif s’élève à 974 000 hectares, dont environ 803 000 hectares sont dédiés aux plantations de pins maritimes en vue de la production de bois. La majorité des plantations sont réalisées en « futaies régulières monospécifiques » : elles consistent en une seule essence d’arbres, tous du même âge ou presque, et sont récoltées quarante à cinquante ans après leur mise en terre. D’un point de vue économique, cette structure est efficace, cependant elle souffre d’une importante faiblesse : en cas d’incendie, le combustible est pratiquement continu. Les flammes se propagent d’une parcelle à l’autre de manière ininterrompue.
Le pin maritime est fréquemment décrit comme un arbre hautement inflammable. Ce n’est pas le bois en lui-même qui représente un défi, mais plutôt la présence de résine qu’il renferme. L’association Forêt vivante Sud-Gironde, engagée en faveur de la diversification du massif forestier, souligne que le pin contient une quantité importante de térébenthine, une substance riche en terpènes, des composés inflammables. En d’autres termes, un pin maritime desséché présente des similitudes avec une torche géante en termes de comportement.
Un autre élément à considérer est la présence d’aiguilles mortes, de brindilles et de végétation sèche qui s’accumulent au niveau du sol sous les arbres. Ce couvert végétal favorise la propagation rapide du feu, facilitant ainsi son extension vers la canopée. Sous l’influence du vent, des morceaux de bois enflammés peuvent être propulsés sur de longues distances, parfois de plusieurs dizaines voire centaines de mètres, franchissant parfois des routes ou des pare-feu, ce qui peut déclencher de nouveaux départs de feu.
Cependant, les experts recommandent de ne pas tirer de conclusion hâtive. Les vagues de chaleur récurrentes, les périodes de sécheresse et les vents forts demeurent les principaux facteurs contribuant aux incendies constatés en Gironde cette année. Néanmoins, la structure de la forêt peut aggraver le phénomène. Une recherche parue en 2025 dans la revue scientifique internationale Nature Communications révèle que, dans neuf des dix pays tempérés examinés, les plantations forestières ont une probabilité de brûler de 57% à 155 % plus élevée que les forêts naturelles exploitées. Les chercheurs soulignent cependant le manque de preuves à l’échelle mondiale concernant le lien entre les incendies de forêt et les plantations forestières.
Les auteurs de l’étude prospective menée par l’Inrae recommandent ainsi une transition progressive loin de la monoculture. Leur but n’est pas d’éliminer le pin maritime, essentiel pour toute une chaîne économique, mais de progressivement diversifier la forêt en préservant davantage les « zones humides », en augmentant « la part de feuillus » et en variant l’âge des arbres afin de rompre cette continuité végétale qui facilite la propagation des incendies. En France, où le réchauffement climatique est devenu une réalité durable, reconstruire systématiquement les mêmes massifs forestiers après chaque incendie pourrait favoriser l’émergence de futurs mégafeux.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
