La filière nucléaire française bientôt en ordre de marche

Ce contrat, signé par Éric Lombard, ministre de l’Économie, et Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, fixe quatre objectifs principaux. Le premier concerne l’exigence opérationnelle, visant à maîtriser les coûts et les délais par les professionnels du secteur. Le second se concentre sur l’emploi et les compétences, avec un besoin de recruter 100 000 ingénieurs dans la filière nucléaire sur une décennie, tout en cherchant à féminiser les équipes. Le troisième objectif porte sur le développement de la recherche et du développement, et le dernier vise à respecter la transition écologique, notamment en matière de gestion des déchets. Former 100 000 personnes au métier du nucléaire en dix ans représente un défi considérable.
En 2020, le coût du programme avait été estimé à près de 52 milliards d’euros, mais cette évaluation a été révisée à la hausse. Actuellement, la Cour des comptes, s’appuyant sur les estimations d’EDF, évoque un montant d’environ 80 milliards d’euros. Dans le contexte budgétaire actuel de la France, cette situation complique les choses, d’autant plus que le contrat de filière ne traite pas directement du financement du programme. Il est cependant précisé que l’État s’engage à accorder un prêt à taux préférentiel, couvrant au moins 50 % du coût initial.
EDF finalise ses estimations et devrait soumettre ses conclusions d’ici à la fin de l’année 2025. Sur le papier, le financement de ce programme est lié à un contrat garantissant un prix de production nucléaire de cent euros par mégawattheure. Cela signifie que si EDF vend son électricité à un prix supérieur sur le marché, elle devra reverser le surplus à l’État. À l’inverse, si le prix est inférieur, c’est l’État qui compensera EDF. Les premières décisions d’investissement sont attendues pour fin 2026.
