Baisser son salaire : le gouvernement dénonce un «chantage» que ses lois ont permis

SalaireÇa se passe comme ça chez Ryanair : le 15 mai, la filiale de la compagnie irlandaise low-cost opérant en France a envoyé un mail aux élus représentant ses hôtesses et stewards pour les menacer de «licencier 27 personnes» si le SNPNC-FO, syndicat majoritaire, «ne s’engag[eait] pas rapidement à accepter des baisses de salaires».

Un «chantage aux licenciements» caractérisé, et dénoncé comme tel non seulement par le syndicat concerné, mais aussi au sein du gouvernement. Ce mardi, les ministres de l’économie et du Travail, Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud, ont ainsi condamné le procédé de la compagnie.

Dimanche, l’ambiance était pourtant bien différente. Sur LCI, la même Muriel Pénicaud vantait les «alternatives» aux licenciements, rappelant l’existence d’un dispositif portant le nom poétique d’«accord de performance collective».

Mais la ministre du Travail l’a bien rappelé sur BFM Business ce mardi : «Quand une entreprise passe un passage difficile, en général la seule solution c’est le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). L’accord de performance collective] permet de dire : « On va discuter le temps de travail, ou les rémunérations, ou l’organisation du travail… » en contrepartie de ne pas licencier.»

On serait naïvement tenté, en écoutant cette explication, d’y voir une définition assez parfaite d’un «chantage aux licenciements». Que pèse donc l’«esprit» revendiqué d’une loi quand sa lettre, elle, a pour effet direct de renforcer le pouvoir patronal ? Pour eux, en vertu de la loi, l’alternative sera simple : accepter les sacrifices, ou être licenciés pour les avoir refusés.




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