L’interdiction des moteurs thermiques en 2035 en Europe est soumise à certaines conditions par la France

La France prend fermement position pour défendre sa politique concernant l’interdiction des moteurs thermiques sur les véhicules neufs à partir de 2035 au sein de l’Union européenne. Cette initiative survient une semaine avant que Bruxelles ne communique ses décisions sur la manière de prohiber la commercialisation des véhicules neufs à moteur thermique dès 2035, prévues pour le mardi 16 décembre. Ce qui était autrefois considéré comme une date limite cruciale il y a quelques mois à peine est maintenant perçu comme une échéance susceptible de ne pas être respectée, étant fortement critiquée par de nombreux États membres de l’Union européenne, en particulier par l’Allemagne. Les principales métropoles soutiennent que leurs entreprises industrielles ne seront pas prêtes pour la transition majeure vers la mobilité électrique, et avertissent que maintenir l’échéance de 2035 pourrait entraîner une catastrophe.
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En ce qui la concerne, la France initie une action à travers une correspondance signée par plusieurs ministres, parmi lesquels le ministre de l’Économie, Roland Lescure, et son homologue des Transports, Philippe Tabarot. Cette correspondance envoyée aux commissaires européens expose de manière explicite la disposition de la France à envisager des « adaptations ciblées » concernant l’interdiction de la commercialisation des véhicules thermiques ou hybrides en Europe à partir de 2035. Parmi les différentes formes de flexibilité envisagées, la France souhaite assortir le mécanisme d’une réglementation encourageant la production européenne et soutenant nos emplois industriels. En d’autres termes, il est recommandé de ne pas favoriser l’adoption des technologies étrangères, en particulier celles provenant de la Chine.
Il s’agit de la notion de « préférence européenne », visant à garantir qu’au moins 75 % de la valeur ajoutée des futures voitures provienne de l’Europe, notamment à travers les batteries, les composants des moteurs, l’électronique embarquée, etc. Les fabricants de véhicules électriques qui respecteront les exigences de production européenne seront éligibles à des avantages spécifiques afin de se conformer aux objectifs réglementaires. Il conviendrait de réduire la pression exercée sur eux.
Est-ce que l’interdiction des moteurs thermiques en Europe ne constitue pas un obstacle au développement de la voiture électrique ? Non, il s’agit simplement d’une adaptation et d’un appel au pragmatisme en réponse à un marché actuellement en difficulté. La correspondance expédiée de la France à Bruxelles est explicite : nous devons limiter au maximum les écarts par rapport à la trajectoire établie pour le véhicule électrique afin de ne pas mettre en péril les importants investissements déjà effectués par les fabricants et les fournisseurs, en particulier dans le domaine des batteries électriques.
