Une ville propose “une prime à l’accouchement” de 1 000 euros

Une ville propose
Le mardi 2 décembre, quatre syndicats représentant les médecins hospitaliers ont critiqué le projet de la municipalité de Saint-Amand-Montrond, située dans le Cher, visant à octroyer une prime de 1 000 euros aux femmes choisissant d’accoucher à la maternité de la ville. La pérennité de la maternité de Saint-Amand-Montrond, située au sein d’une communauté de communes comptant 19 000 habitants, est compromise en raison d’un nombre de naissances jugé insuffisant. En effet, le nombre d’accouchements annuels est passé en dessous du seuil réglementaire de 300.

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Afin de stimuler l’activité, le maire de la ville, Emmanuel Riotte, membre du parti Les Républicains, suggère d’octroyer une somme de 1 000 euros en bons d’achat aux mères qui accouchent sur place, à dépenser chez les commerçants locaux. Ce montant serait partagé entre la municipalité et la communauté de communes, chacune prenant en charge 500 euros. Les quatre syndicats de médecins, à savoir le Snphare (anesthésistes réanimateurs), le Syngof (gynécologues obstétriciens), le Snpeh (pédiatres) et le Samu Urgences de France (urgentistes), expriment dans un communiqué leur opinion selon laquelle le choix d’une maternité ne devrait pas être influencé par des incitations financières. D’après leur point de vue, la fermeture d’une maternité n’est pas motivée par des considérations économiques, mais par des préoccupations de sécurité.

La communauté de communes devra se prononcer sur ce projet le mercredi, tandis que le conseil municipal de Saint-Amand le fera le jeudi, comme l’a annoncé la municipalité à l’AFP. Le maire souhaite particulièrement attirer de nouveau vers la maternité les patientes du département qui se dirigent actuellement vers des maternités plus importantes à Bourges (Cher), Montluçon (Allier) ou Nevers (Nièvre). Cependant, selon les quatre syndicats de médecins hospitaliers, un rythme d’accouchements tel que celui de Saint-Amand ne permet pas d’acquérir une expertise adéquate pour anticiper et traiter des complications potentiellement mortelles, nécessitant généralement l’intervention de plusieurs disciplines simultanément, pour des décisions urgentes.

De manière générale, les syndicats demandent la conversion des petites maternités en centres de périnatalité de proximité pour assurer le suivi de la grossesse et du post-partum, tandis que les accouchements seraient regroupés dans des salles de naissance hautement sécurisées et à forte activité. La maternité de Saint-Amand fait partie des quelques maternités en France qui ne respectent pas le seuil minimum de 300 accouchements par an imposé par la réglementation.

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