Les épidémies de couacs ont contaminé le gouvernement

Les épidémies de couacs ont contaminé le gouvernementCe que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Le gouvernement serait sans doute bien avisé de méditer sur cette célèbre citation de l’homme de lettres Nicolas Boileau. Car ces dernières semaines, les décisions prises par l’exécutif pour freiner l’épidémie n’ont pas forcément brillé par leur clarté.

Cela a commencé bien avant le dernier tour de vis annoncé mercredi par Emmanuel Macron, qui a donné lieu à un retour en arrière en règle le lendemain de la part de Matignon concernant le sort des assistantes maternelles.

Le 20 mars, la cacophonie autour des attestations est venue ajouter du désordre au désordre, en plus de provoquer les moqueries.

Un épisode immédiatement chassé par un autre, dès le lendemain. “Vous ne pouvez pas inviter chez vous des personnes pour un dîner, ni pour un déjeuner”, déclarait dimanche 21 mars le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Résultat, le gouvernement a été obligé de démentir, rappelant le lendemain sur franceinfo qu’il n’existait pas “de base légale pour verbaliser chez les gens”.

Cette semaine, un schéma parfaitement similaire s’est produit, cette fois du côté du ministre de l’Éducation nationale. Sur RTL, Jean-Michel Blanquer a en effet laissé entendre (sans vraiment le dire) que les centres aérés allaient ouvrir pendant les vacances et accueillir potentiellement tous les enfants. Démenti dans la foulée de la part de l’entourage de Jean Castex au HuffPost: “Tout ferme, sauf pour le public prioritaire”.

À LIRE AUSSI >> Les pharmacies pourront vendre des autotests de dépistage « à partir du 12 avril »

Le chef de l’État a encore repoussé le « bout du tunnel ». Alors que le gouvernement, début mars, le laissait entrevoir pour la mi-avril, Emmanuel Macron l’annonce désormais pour la mi-mai. Au cours d’une allocution solennelle enregistrée mercredi soir et diffusée à 20 heures, la septième en un an de crise, Emmanuel Macron a lancé un « appel à la mobilisation de chacun pour ce mois d’avril, où beaucoup se joue », comme on demande un dernier effort pour franchir la ligne d’arrivée à un coureur épuisé…

Durant cette crise sanitaire, Emmanuel Macron a parfois ressemblé à son prédécesseur François Hollande, dont il essaie pourtant de se différencier. En 2014, ce dernier faisait de l’inversion de la courbe du chômage le cœur de son action politique et la condition pour se représenter en 2017. Se condamnant lui-même à réussir.

Depuis le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron s’est enfermé à son tour dans des limites, des lignes rouges. Il n’a cessé de fixer des bornes à sa propre action. Au risque d’apparaître en échec lorsqu’il est contraint de les franchir… Ainsi, le 24 novembre, alors qu’il annonçait la levée du confinement avant les fêtes de Noël, remplacé par un couvre-feu, il avait eu cette phrase : « Nous devons tout faire pour éviter un troisième confinement ». Le 29 janvier, les nouvelles restrictions étaient justifiées par le souci « d’éviter un nouveau confinement », selon les mots du Premier ministre Jean Castex. Parti perdu.



Inscrivez-vous à notre lettre d’information
Votre courriel:

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *