L’exécutif a un peu plus signifié aux députés et sénateurs leur inutilité

L’exécutif a un peu plus signifié aux députés et sénateurs leur inutilitéEn demandant de voter sur des mesures déjà annoncées par Emmanuel Macron, l’exécutif a un peu plus signifié aux députés et sénateurs leur inutilité. Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron, Jean Castex s’est exprimé devant l’Assemblée nationale, puis devant le Sénat pour détailler les mesures sanitaires afin de lutter contre la troisième vague de Covid-19.

Les débats ont été suivis d’un vote que les oppositions ont décidé de boycotter dénonçant toutes une « mascarade ». Ils ont découvert, comme tous les Français, les nouvelles mesures de freinage : fermeture des écoles pour trois semaines, extension des règles en vigueur dans 19 départements… Emmanuel Macron a fait ses annonces, puis le Parlement a été appelé le lendemain à en débattre et voter.

« Au moins, on a évité à des millions de Français d’avoir à écouter les parlementaires brailler dans l’hémicycle », assume parfaitement un conseiller de l’exécutif.

Les Républicains ont fait savoir dès mercredi soir aux autres groupes d’opposition qu’ils ne prendraient pas part à ce vote, pour lequel le gouvernement n’avait pas engagé sa responsabilité. Et tous (socialistes, insoumis, communistes, Libertés et territoires, UDI) se sont alignés. « Il s’agissait de renvoyer au visage du Président le mépris qu’il a pour le Parlement », résume le président des Républicains, Christian Jacob. ».

« Ils pourraient au moins faire semblant en nous consultant avant. Imaginez si Nicolas Sarkozy ou François Hollande avait fait ça ? », tempête le chef de file des centristes au Sénat, Hervé Marseille.

Le gouvernement vient rendre compte devant le Parlement de décisions d’ordre réglementaire, répond-on à Matignon. Certes, les présidents de groupes sont régulièrement consultés par Jean Castex à travers les « comités de liaisons parlementaires » mis en place en décembre par Matignon.

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« Quand on est parlementaire, on a intérêt à avoir la télé », rit jaune Hervé Marseille. N’est-ce pas encore le gouvernement qui avait tenté de proroger l’état d’urgence sanitaire sans avoir à passer par le Parlement avant d’y être contraint par sa majorité ? Lorsqu’il reviendra devant le Parlement en juin prochain pour proroger l’état d’urgence sanitaire, qu’en diront les parlementaires ? « Il n’est pas certain que tous nos députés votent les prochaines lois d’urgence sanitaire, nous préférons le dire », a prévenu à la tribune Olivier Becht, président du groupe Agir ensemble.

Avant cela, le gouvernement devrait revenir dans les quinze prochains jours devant le Parlement sur la question du report des élections régionales, toujours au nom de l’article 50-1 de la Constitution.



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