Le géant de l’acier allemand bientôt racheté par un indien

Un consortium indien envisage l’acquisition du mastodonte allemand ThyssenKrupp, a annoncé mardi 16 septembre le conglomérat industriel allemand. Au cœur de la crise qui frappe l’industrie métallurgique en Europe, toutes les stratégies sont envisagées. Le prétendant en question se nomme Jindal Steel, une entreprise indienne qui propose de racheter entièrement la division acier de ThyssenKrupp, le géant industriel allemand devenu emblématique des difficultés rencontrées par l’industrie sidérurgique européenne. Une proposition acceptée sans réticence par la direction de Thyssen. Elle déclare qu’elle examinera la viabilité économique de l’affaire, veillera à la continuité de la transition écologique et exigera des garanties quant à la préservation des emplois.
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Il convient de souligner que le groupe allemand est impliqué dans un ambitieux projet de restructuration. Le premier sidérurgiste européen est actuellement confronté à une concurrence féroce de la part de la Chine. Le groupe s’est lancé dans un plan de suppression de 11 000 emplois et ambitionne de diminuer sa capacité de production. L’Indien vise à sécuriser sa production et à ouvrir de nouvelles opportunités commerciales. Le scénario annoncé semble prometteur, mais comment l’Indien pourrait-il surpasser le groupe allemand ? C’est là toute la problématique, à moins de le réaliser en ayant recours à des pratiques sociales dégradantes telles que le dumping.
Si l’on capture l’état actuel du secteur sidérurgique européen, on constate que le coût de l’énergie demeure excessif en Europe. Bien que les ménages aient bénéficié d’une amélioration notable, les entreprises à forte consommation, telles que celles de la métallurgie, peinent sous le poids de cette charge financière considérable. D’autre part, l’abondance d’acier chinois sur les marchés mondiaux à des prix très compétitifs met les producteurs européens en difficulté en raison de charges fiscales plus élevées, les rendant incapables de rivaliser. Ainsi, un élément crucial se profile : le déficit de demande intérieure en Europe, conséquence d’une économie en berne. La crise s’intensifie de manière significative. En outre, il convient de mentionner les récentes taxes douanières instaurées par Donald Trump sur les importations d’acier aux États-Unis.
La production d’acier à l’échelle mondiale dépasse la demande actuelle. Les surcapacités mondiales de production sont actuellement estimées à environ 600 millions de tonnes. En se concentrant sur la Chine, il convient de souligner qu’elle a exporté l’année précédente de 100 à 120 millions de tonnes d’acier, ce qui représente la totalité de la consommation européenne sur la même période. Ce phénomène structurel semble être là pour rester sur le long terme.
