“Les personnes sans emploi ont une santé physique, et surtout mentale, dégradée”

Selon une étude de Santé publique France, publiée le mardi 3 novembre et consultée par France Inter, les individus en situation de chômage présentent une détérioration de leur santé physique, et plus particulièrement de leur santé mentale. Cette étude examine « l’expérience du chômage ainsi que les données quantitatives attestant de ses effets néfastes sur la santé ». Elle souligne en particulier que « la stigmatisation des chômeurs » constitue « un mécanisme psychosocial central ».
Le chômage, qui affecte environ 2,6 millions de personnes en France et est responsable de 14 000 décès annuels, représente un enjeu majeur de santé publique, selon les alertes de Santé publique France. L’étude souligne que la détérioration de la santé s’explique en grande partie par la perte de ressources financières, d’identité et de statut social, plaçant ainsi la stigmatisation des chômeurs au centre des explications psychosociales. Près de 15 000 individus âgés de 18 à 64 ans ont été interrogés par téléphone dans le cadre de cette étude.
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Selon cette étude, les chômeurs sont particulièrement nombreux à signaler avoir souffert de dépression au cours de l’année précédente. En effet, 17 % des femmes ont déclaré avoir connu un épisode dépressif caractérisé. « En ce qui concerne les femmes sans emploi, le taux s’élevait à 27,2 % », précise Sébastien Denis, directeur de la santé, de l’environnement et du travail à Santé publique France. De surcroît, Santé publique France souligne que « plus le chômage s’étend dans le temps, plus l’individu se détache de la sphère productive, des interactions sociales et du monde environnant. » Ces épisodes dépressifs se manifestent également chez les hommes, bien que dans une proportion inférieure.
Cette recherche a par ailleurs inclus les données d’une enquête réalisée par France Travail en 2025, portant sur un échantillon de 2 098 individus sans emploi inscrits en catégorie A, afin d’analyser la dégradation de leur état mental. Ainsi, une personne sur deux déclare avoir vécu ou être actuellement confrontée à une situation de stigmatisation en raison de son statut de chômage. Parmi ces chômeurs, 56 % rapportent avoir été victimes de discrimination dans l’accès au logement, aux soins de santé ou à l’emploi, tandis que 37 % estiment ne pas être pris au sérieux et 30 % se sentent moins respectés.
Cette enquête ne suffit pas à établir de manière définitive que le chômage constitue la seule explication de la détérioration de la santé mentale. Cependant, selon Sébastien Denis, il s’agit d’un signal à considérer avec la plus grande attention en vue de l’élaboration de politiques de prévention. Il souligne que « des expérimentations réalisées, notamment aux États-Unis, ont été reproduites dans d’autres pays européens et démontrent qu’il est possible d’obtenir des effets positifs concrets sur le retour à l’emploi et sur la protection contre la dégradation de la santé mentale. »
Bien que « les mécanismes directs et indirects établissant le lien entre le chômage et l’épisode dépressif caractérisé demeurent à préciser, il est impératif qu’une prévention ciblée s’adresse à la population des actifs sans emploi, en particulier aux jeunes femmes et aux mères célibataires », soulignent les auteurs du rapport.
Méthodologie : « Notre population d’étude est constituée de 14 471 actifs âgés de 18 à 64 ans résidant en France hexagonale interrogés par téléphone. Elle est issue des données du Baromètre de Santé publique France 2021. Les estimations ont été pondérées afin de tenir compte de la probabilité d’inclusion et de la structure de la population ».
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
