Yuka et Que Choisir Ensemble critiquent les mentions jugées “trompeuses” telles que “sans conservateur” et “sans colorant” utilisées par certaines marques

Yuka et Que Choisir Ensemble ont dénoncé, dans une enquête publiée le mardi 3 novembre et consultée par France Inter et France Culture, les mentions jugées « trompeuses » telles que « sans conservateur » et « sans colorant » utilisées par certaines marques.
Cette enquête souligne que « derrière ces promesses rassurantes se dissimule parfois une réalité bien différente », en mettant en évidence « des produits qui prétendent ne pas contenir certains additifs », tout en intégrant en réalité d’autres, parfois controversés et moins connus du grand public. Julie Chapon, cofondatrice de l’application Yuka, qui analyse et évalue l’impact des produits alimentaires et cosmétiques sur la santé et l’environnement, alerte à ce sujet sur France Inter. Que Choisir Ensemble et Yuka sollicitent par conséquent le retrait de ces mentions susceptibles d’induire les consommateurs en erreur, désignées sous le terme d’additive washing, en analogie avec le green washing, qui se définit comme une pratique commerciale consistant à promouvoir de faux arguments écologiques.
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« Il s’agit de produits de consommation courante, accessibles à tous, souligne Zoé Kerlo, ingénieure en toxicologie chez Yuka, lors d’une intervention mardi sur ICI Paris Île-de-France.” Parmi les vingt produits analysés dans cette enquête figurent notamment des diphosphates, considérés comme des additifs préoccupants, ainsi que des mono- et diglycérides d’acides gras, selon les résultats de l’étude. Des recherches récentes, notamment celles menées par l’Inserm en 2023, mettent en évidence une association entre ces substances et un risque accru de cancer ainsi que de maladies cardiovasculaires. Julie Chapon souligne que, bien que le produit soit étiqueté comme étant sans conservateur, il contient néanmoins de nombreux autres additifs qui posent aujourd’hui des problèmes.
« On observe également une présence significative de phosphates, tels que les triphosphates et diphosphates, ainsi qu’une multitude de types d’additifs qui s’avèrent toxiques pour les reins », ajoute Zoé Kerlo. Parmi les produits examinés, certains, bien que présentés comme étant « destinés aux enfants », contiennent en réalité des « additifs à risque ». L’ingénieure en toxicologie souligne qu’il est impératif de « ne jamais accorder sa confiance à une affirmation figurant sur un emballage indiquant ‘sans conservateur’ ». Son recommandation consiste à ne pas se fier uniquement à l’apparence d’un produit, mais à le retourner systématiquement afin de consulter la liste des ingrédients.
Les vingt marques mentionnées sont les suivantes : Ker Cadélac, Daunat, Président, Old El Paso, Moulin de Valdonne, Alsa, Pasquier, Haribo, Findus, Knorr, Blini, Elle & Vire, Père Dodu, Vico, Ben’s Original et Yoplait. L’enquête a examiné divers types de produits, notamment des yaourts aux fruits, des madeleines, des cordons-bleus et des pommes noisette. Les auteurs de cette étude soulignent que « les vingt produits que nous dénonçons partagent un point commun : ce sont tous des aliments ultratransformés, c’est-à-dire des préparations industrielles contenant des ingrédients et/ou des additifs qui ne sont pas présents dans une cuisine domestique. » De plus, chacun d’eux renferme au minimum un additif que l’application Yuka évalue comme présentant un risque élevé, classé en rouge.
Les marques sont conscientes que les consommateurs manifestent une attention croissante envers la présence d’additifs dans les produits. Par conséquent, elles emploient cette pratique comme un argument marketing afin de mettre en avant l’absence de certains additifs, analyse Julie Chapon. De nombreux industriels interrogés par France Inter affirment que le consommateur a accès à la liste exhaustive des ingrédients figurant au verso des emballages. Carrefour et la Coopérative U mettent l’accent sur l’amélioration continue des formulations de leurs produits ainsi que sur leur engagement à éliminer toutes les substances jugées controversées.
Les mentions « sans colorant, sans conservateur » ne sont actuellement régies par aucun texte législatif spécifique. Les auteurs de cette étude soulignent qu’elles relèvent de l’« unique principe général de loyauté de l’information ». Zoé Kerlo rapporte que « l’on demande aux pouvoirs publics d’encadrer cette pratique ». Yuka et Que Choisir Ensemble sollicitent la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) afin de mener une enquête nationale spécifique. L’objectif est de « recenser les produits qui intègrent ces éléments, d’examiner leur composition réelle et d’évaluer dans quelle mesure ces indications peuvent induire les consommateurs en erreur. “Nous sollicitons également la publication des résultats, incluant l’identité des marques concernées », précise l’enquête.
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
