Les populations d’oiseaux en France en légère augmentation

Les populations d'oiseaux en France en légère augmentation
Rouge gorge

Un bilan modeste mais prometteur peut être dressé suite à l’interdiction en France, à partir de 2018, des néonicotinoïdes, une classe d’insecticides. Selon une étude publiée dans le journal Environmental Pollution le samedi 15 novembre, les effectifs des oiseaux insectivores tels que les merles ou les fauvettes à tête noire ont augmenté de 2 % à 3 % en France.

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Les chiffres peuvent sembler modestes, cependant toute amélioration est bénéfique, étant donné l’importance de la menace d’extinction qui pèse sur certaines espèces. En l’espace de quarante ans, un quart des espèces d’oiseaux présentes en Europe ont connu une disparition, avec un taux encore plus élevé de 57% pour les oiseaux évoluant dans les environnements agricoles. Selon une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), le déclin de la biodiversité est principalement attribuable à ce qu’ils ont appelé “l’intensification de l’agriculture”, se référant à l’augmentation de l’utilisation d’engrais et de pesticides par hectare.

Les chercheurs ont examiné les conséquences de l’interdiction des néonicotinoïdes en se concentrant sur l’imidaclopride, l’une des trois substances prohibées depuis 2018 (aux côtés du clothianidine et du thiaméthoxame). En 2015, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (prédécesseur de l’Office national de la biodiversité) a souligné que l’imidaclopride était le néonicotinoïde le plus largement commercialisé dans le monde en 2009.

Les chercheurs ont étudié les populations de 57 espèces avant l’interdiction (2013-2018) et après la prohibition (2019-2022). Avant l’interdiction, les régions dépourvues d’imidaclopride présentaient une augmentation de 12,7% du nombre d’oiseaux insectivores par rapport aux zones traitées avec cette substance. Suite à l’interdiction, l’écart s’est réduit à 9%. Selon l’agro-écologue français Thomas Perrot, auteur principal de l’étude, “Nos résultats démontrent de manière explicite que l’interdiction des néonicotinoïdes constitue une mesure de conservation efficace pour les oiseaux insectivores”, comme il l’a souligné dans une déclaration au journal britannique The Guardian.

Cependant, selon l’expert sur le réseau social Bluesky, cette reprise légère est loin de constituer un rétablissement complet de la population. Il a souligné que d’après leurs résultats, il faudra plusieurs décennies pour que les populations d’oiseaux insectivores se rétablissent, comme il l’a également mentionné au Guardian. Cependant, il est courant de constater que les populations d’oiseaux nécessitent généralement entre dix et vingt-cinq ans pour se rétablir complètement après une exposition à des pesticides tels que le DDT, comme le montrent diverses études.

En dernier lieu, Thomas Perrot souligne que l’interdiction seule d’un pesticide ne serait pas adéquate pour la reconstitution des populations. Il préconise plutôt une restauration des habitats et des écosystèmes afin de soutenir les insectes et les oiseaux.

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