Embargo Russe : le prix du diesel a la pompe devrait encore augmenter

Embargo russe : le prix du diesel a la pompe devrait encore augmenterCes quelques centimes de différences ne pèsent certes pas grand-chose sur le coût d’un plein, d’autant que la motorisation diesel a de meilleurs rendements. Reste que le croisement des courbes est un symbole fort, dans un pays qui depuis les années 1970 et le choc pétrolier a soutenu massivement le déploiement des véhicules diesel pour son impact CO₂ plus faible ainsi que la compétitivité des constructeurs hexagonaux dans le domaine.

Aujourd’hui encore, les véhicules diesel pèsent près de 57 % du parc roulant. Plus encore que l’essence, le diesel tutoie donc aujourd’hui des prix très elevés.

«Le véhicule diesel, c’est le symbole de la France des régions, de la France périurbaine, de la France qui roule», juge Pierre Chasseray, délégué général de la très médiatique association 40 millions d’automobilistes.

Entamé sous François Hollande, mais accéléré par Emmanuel Macron, l’alignement progressif de la fiscalité entre les deux carburants rend le diesel beaucoup moins séduisant.

Le piège du pouvoir d’achat pourrait lui se refermer encore un peu plus dans les prochaines semaines, alors que la France et l’Europe cherchent à se passer totalement du pétrole russe. «La France aujourd’hui importe à peu près 30 % de son diesel de Russie. Il faut donc trouver des substituts», avançait le PDG de TotalEnergies.

Pour ne rien arranger, cette hausse du gazole vient frapper des conducteurs dont le pouvoir d’achat est en moyenne plus faible que celui des autres automobilistes. En pleine crise des gilets jaunes en 2018, le magazine L’Argus avait comparé le pourcentage de véhicules roulant au gazole dans le parc de véhicules particuliers, avec le taux de ménages non imposables sur une échelle départementale.

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Le magazine était parvenu à la conclusion que le diesel était devenu «un signe extérieur de pauvreté». Pierre Chasseray, de l’association 40 millions d’automobilistes, n’en juge pas moins que la cocotte-minute n’est pas loin de déborder. «On atteint des niveaux de prix intolérables, il faut être fou pour imaginer que les Français ne vont pas se réveiller.»

D’autant que la montée en puissance dans les métropoles françaises des zones à faible émission , qui ont pour but d’exclure de la circulation les véhicules anciens et plus polluants, commence à agacer. Ce qui devrait de facto toucher les ménages les plus précaires et surtout les conducteurs de diesel, toujours majoritaires et dont les modèles sont en moyenne plus vieux.

Le délégué général du CSA, Etienne Diot, pointant le «risque social que pourrait faire naître la mise en place brutale des ZFE sur le territoire en excluant soudainement des grandes agglomérations, des millions d’automobilistes qui n’ont pas un euro disponible pour changer de voiture».

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