Comment se passe l’éducation sexuelle à l’école

Comment se passe l'éducation sexuelle à l’école

« Des propos d’un professionnel de la polémique qui ne songe pas à l’intérêt des enfants, mais qui songe à sa carrière politique, d’ailleurs mal en point », a répondu, sur Franceinfo, Pap Ndiaye, le ministre de l’Éducation, à propos d’Eric Zemmour.

Pour mémoire, c’est une loi, celle du 4 juillet 2001, qui prévoit la dispense dans les écoles, collèges et lycées de ces « séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle ». Mais, dans les faits, ces séances obligatoires ne sont pas dispensées ou mal. C’est ce qui ressort d’un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

« Certains collégiens nous ont dit que leurs intervenants en sont encore à dispenser des cours d’anatomie », relate Annick Billon présidente centriste de la délégation aux droits des femmes du Sénat.

La délégation a mené pendant six mois une mission sur les dérives de l’industrie pornographique et les effets de son exposition de plus en plus précoce sur les mineurs. A ce titre, l’opportunité de ces séances d’éducation à la vie sexuelle avait occupé une bonne partie des auditions.

De 2018 à 2020, la réalisatrice Ovidie qui a mené une action de prévention sur l’exposition aux images pornographiques dans les établissements scolaires du département de la Charente, a relevé que les deux heures d’enseignement obligatoire à la vie sexuelle et affective n’avaient pas eu d’effet sur les collégiens et lycéens. « Ce sont des discours un peu culpabilisants du type : le porno, ce n’est pas la réalité… Ce type de discours là, c’est un échec », avait-elle tranché devant le Sénat.

Pire, Israël Nisand, gynécologue obstétricien, qui intervient, lui aussi, dans les collèges pour « faire de l’information à la sexualité » a, lui, noté une évolution inquiétante du questionnement des élèves depuis l’apparition des « tubes » pornographiques.

L’ancienne ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol , co-rapporteuse de la mission au Sénat se réjouit d’entendre « le ministre dire que la loi doit être respectée ». Je rappelle que ces séances ne consistent pas à enseigner une pratique de la sexualité. Elles sont d’abord nécessaires à la lutte contre les grossesses non désirées et les maladies sexuellement transmissibles. « Nous en avons aussi besoin pour faire de l’éducation au consentement, lutter contre les discriminations et prévenir les violences sexuelles », souligne la sénatrice.

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L’année dernière, le rapport sur la prostitution des mineurs de la magistrate Catherine Champrenault préconisait d’y intégrer également une sensibilisation aux conduites prostitutionnelles.

L’éducation à la santé et à la sexualité : Loi du 4 juillet 2001 – « Art. L. 312-16. – Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène. Ces séances pourront associer les personnels contribuant à la mission de santé scolaire et des personnels des établissements mentionnés au premier alinéa de l’article L. 2212-4 du code de la santé publique ainsi que d’autres intervenants extérieurs conformément à l’article 9 du décret no 85-924 du 30 août 1985 relatif aux établissements publics locaux d’enseignement. Des élèves formés par un organisme agréé par le ministère de la santé pourront également y être associés. »

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