Que faire après la renationalisation EDF ?

Que faire après la renationalisation EDF ?Le groupe a été ballotté, de revirement en reniement, sur la place que doit occuper le nucléaire dans notre mix énergétique. Le parc nucléaire, vieillissant et défectueux, fonctionne à la moitié de ses capacités, alors que la crise énergétique est à son apogée.

Face à l’envolée des tarifs, l’électricien a, sur ordre de l’État, a financé un bouclier énergétique sur ses propres deniers au détriment de ses capacités d’investissement. C’est une entreprise surendettée et gravement fragilisée sur le plan tant financier que stratégique qui est donc appelée à retourner à part entière dans le giron de l’État.

Entre la mise à niveau du parc, la soutenabilité de sa dette, son développement à l’international comme sur les énergies renouvelables et le financement des six réacteurs de dernière génération que le président de la République appelle de ses vœux, l’entreprise n’a plus d’autre choix que de s’abriter derrière l’État pour faire face à ces enjeux. En décidant sans délai de ce mouvement capitalistique, tout en anticipant la fin du mandat de l’actuel PDG, Jean-Bernard Lévy, l’État montre qu’il est résolu à tourner la page de cette séquence désastreuse dont il a lui-même participé.

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Cette pseudo-nationalisation n’est cependant en rien une garantie que la filière nucléaire va reprendre la maîtrise de son destin. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des finances, explique que l’opération est un choix stratégique « parce que l’indépendance énergétique n’a pas de prix ». Pourtant, elle a un coût.

Préparer EDF à l’après-pétrole, consolider l’avantage du choix du nucléaire, renforcer les fonds propres et rééquilibrer le bilan comptable d’EDF. Voici en substance les arguments mis en avant en 2005, à la veille de la privatisation de l’entreprise, par le ministre de l’Économie de l’époque, Thierry Breton.

Cette ironie en dit long sur l’état dans lequel se trouve la filière nucléaire française, qui, faute de cap, donne le sentiment d’effectuer un retour vers le futur. Ne pas avoir voulu remplacer plutôt le parc nucléaire Français a fortement diminué en compétence la filière nucléaire. Soyons honnête, car le prix de l’électricité dans les années à venir fera uniquement qu’augmenter.

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