La « Grande démission » est-elle en train d’arriver en France ?

La « Grande démission » est-elle en train d’arriver en France ?Les États-Unis enregistrent une vague de démissions sans précédent depuis l’été 2021. D’où l’attention particulière de nos économistes, sociologues du travail et chefs d’entreprise au phénomène du « Big quit (Le grand départ)» ou de la « Great resignation ( Grande démission)». Rien qu’en novembre 2021, plus de 4,5 millions d’Américains ont quitté leur travail pour naviguer vers d’autres contrées professionnelles. « Cette tendance est aussi plus marquée dans certains secteurs », constate Vincent Meyer professeur de gestion des ressources humaines et théorie des organisations à l’EM Normandie.

« En France, le marché du travail est très porteur actuellement, les embauches en CDI sont en hausse, donc les Français savent qu’il est plus facile de trouver du travail et même de se reconvertir », analyse Christophe Nguyen, cofondateur du cabinet Empreinte humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.

Selon Christophe Nguyen, cofondateur du cabinet Empreinte humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, le rapport au travail s’est aussi modifié au cours de ces deux dernières années. « Pour beaucoup, le travail n’est plus considéré comme un moyen privilégier de se réaliser. » « Il y a aussi un risque d’inflation salariale, car ce sont généralement les meilleurs salariés qui démissionnent et il faut revoir les rémunérations à la hausse pour attirer les meilleurs candidats.

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Ce qui peut poser des problèmes de rentabilité à moyen terme », note Vincent Meyer. « Recruter de nouveaux salariés implique de les former. Cela peut prendre du temps », ajoute Christophe Nguyen. Les entreprises devront s’ouvrir à d’autres profils, « notamment à des salariés plus seniors. Une bonne chose quand on sait que l’âge est le premier facteur de discrimination à l’embauche », estime Vincent Meyer.

Reste à savoir si la guerre en Ukraine freinera les velléités de changements chez certains Français. « La sécurité de l’emploi n’est plus importante que pour 29 % des travailleurs en 2022, selon le dernier baromètre d’Empreinte humaine. »

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