Une réforme profondément injuste de l’assurance-chômage met en colère les demandeurs d’emploi

Une réforme profondément injuste de l'assurance-chômage met en  colère les demandeurs d’emploi

Ce vendredi, la réforme de l’assurance chômage est entrée en vigueur. Avec la réforme, une partie des jours non travaillés durant les 24 derniers mois seront comptabilisés dans le SJR. L’Unédic estime donc qu’« environ 63 % des allocataires qui seront impactés par la réforme au cours de la première année bénéficieront d’une indemnisation totale inférieure tandis que 23 % percevront une indemnisation au total supérieure ».

Cette réforme ne s’applique pas rétroactivement, à savoir pour les personnes touchant actuellement une allocation ou ayant fini leur contrat avant le 30 septembre. Pour les futurs chômeurs par contre, au désespoir s’ajoute la colère. « C’est une réforme profondément injuste et cruelle. J’ai cotisé des années durant, et ne me dites pas qu’on a prélevé autant de mon salaire pour me payer ensuite si peu quand je suis au chômage.

Cette réforme empire massivement la précarité. Personne n’aime être au chômage ou ne pas travailler pendant des mois, mais au moins, avant, on pouvait survivre». « Cela me rend moins mobile, notamment pour la recherche d’emploi sur Paris, qui concentre la majorité des boulots de journalisme. » .

À la fin de ses études, cet été, Alex a réussi à décrocher un premier CDD de quatre mois, qui se terminera fin octobre. Suffisant, avant la réforme, pour toucher une allocation-chômage pendant quatre mois. Avec les nouvelles règles, le jeune montpelliérain n’est plus éligible, puisqu’il faut travailler au minimum six mois entiers en deux ans pour toucher une indemnité. Selon l’Unédic, 190 000 personnes n’ouvriront pas de droits dans les 12 prochains mois alors qu’elles auraient pu cotiser sans la réforme.

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285 000 autres personnes verront leur ouverture de droits retardée, de cinq mois en moyenne, avec cette réforme.

Pour Hadrien Clouet, sociologue de l’emploi et du chômage, « cette réforme est une violence économique, mais aussi morale et symbolique. L’argumentaire du gouvernement est que cette réforme lutte contre les contrats courts. Mais, au contraire, les précarisés par la réforme ne pourront plus négocier et les employeurs pourront proposer des contrats encore pires qu’avant.

Psychologue, Sophie*, 47 ans, va perdre environ 100 euros par mois à la suite de la réforme. Elle a longtemps espéré que la réforme, contestée par l’ensemble des syndicats et suspendue à deux reprises par le Conseil d’état, soit encore reportée. Cette mère de deux enfants comptait sur les vacances scolaires de la Toussaint pour partir quelques jours oublier les difficultés des derniers mois. Un projet rendu impossible à la suite de la baisse à venir de son indemnité.

Beaucoup de personne pensent que les chômeurs ou chômeuses ne méritent pas d’être autant indemnisés, mais cela s’appelle avoir une vision étriqué voir posséder un manque intellectuel. Parce qu’un jour tout le monde est susceptible de devenir un chômeur potentiel.

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