L’entreprise LDLC fait le choix de la semaine des 32 heures

L'entreprise LDLC fait le choix de la semaine des 32 heuresL’entreprise d’informatique LDLC, basée à Lyon, vient de passer à la semaine de quatre jours de travail. Cette mesure concerne tous les employés, du président lui-même, aux vendeurs, logisticiens…

Un choix loin d’être philanthropique. Derrière ce qui peut ressembler à un cadeau se cache en réalité une vraie réflexion sur le temps de travail et la productivité. Afin de ne pas dépasser les huit heures de travail par jour, la décision a été prise de faire passer le nombre d’heures de travail par semaine à 32.

Cela m’obligeait à employer une vingtaine de personnes en plus , pour un coût d’un million d’euros indique le patron de LDLC Laurent de la Clergerie. C’est négligeable par rapport au chiffre d’affaires de l’entreprise (de 542,1 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2020) et finalement il semble que je n’ai même pas eu besoin de tant de monde en plus».

Après deux semaines, il l’assure, cela n’a pas bouleversé le fonctionnement de l’entreprise, « au contraire, depuis juin nous avons connu une croissance de 40% et je n’ai presque pas eu besoin d’embaucher, car cette annonce, des semaines de quatre jours, a boosté les employés avant même de commencer, et il conclut, je suis déjà gagnant».

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Certaines franchisés ont proposé il y a six mois à leurs salariés d’évoluer vers une semaine de 4 jours, mais sans passer à 32 heures. Si le passage à la semaine de quatre jours a nécessité « un an de préparation » selon l’entreprise et l’instauration « d’une commission de suivi », le résultat est sans appel.

«Une petite PME de trois salariés ne peut pas passer à la semaine de quatre jours, ou alors le coût serait exorbitant» justifie Laurent de la Clergerie.

Isabelle Rey-Millet abonde: «la question de la semaine de quatre jours est vue par le patronat comme une revendication de personnes qui ne veulent pas travailler, alors qu’au contraire ça peut être à l’origine d’un vrai gain de productivité».

«Le contrat à 32 heures n’existe pas en France, explique le président de LDLC, il y avait un risque de réduire les retraites des employés, j’ai donc été contraint de mettre tout le monde à temps partiel en augmentant le taux horaire.» Cet exemple parmi d’autres montre bien que la banalisation de la semaine de quatre jours n’est pas pour demain.

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