Pourquoi autant d’accidents aux passages à niveau ?

Le 25 mars 2026, un accident tragique s’est produit à Saint-Raphaël (Var) impliquant un train express régional (TER) et un camion. En France, il est enregistré en moyenne un accident à un passage à niveau tous les quatre jours, comme en témoignent des incidents tels qu’une collision entre un TGV et un véhicule immobilisé sur la voie à Givors (Rhône) en janvier. Encore un camion heurté par un train à Deuil-la-Barre (Val-d’Oise) en 2022. Quel est le nombre de ceux qui sont considérés comme dangereux ?
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Parmi les 14 000 passages à niveau en service, 146 ont été identifiés comme présentant un risque, tel que celui situé à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne). Pendant l’interview en cours, l’équipe de France Télévisions a observé qu’un véhicule a franchi le passage à niveau malgré le signal sonore avertissant de l’approche d’un train. Selon le conducteur : « Lorsqu’on anticipe un blocage de plusieurs minutes, on est parfois tenté de forcer le passage. » « Cela constitue une anomalie », observe Jonathan Zerdoun, premier adjoint au maire responsable de l’urbanisme et des travaux à Roissy-en-Brie.
Quelles mesures peuvent être prises pour assurer leur sécurité ? Annuellement, la SNCF alloue un budget de 160 millions d’euros pour la maintenance et l’amélioration des passages à niveau. Cela est observé à Deuil-la-Barre. Des travaux d’infrastructures majeurs sont en cours, comprenant la construction d’un tunnel piéton, d’un pont ferroviaire et la mise en place d’une déviation pour circuler les véhicules. Le coût global s’élève à 50 millions d’euros. D’autres alternatives plus économiques sont disponibles, telles que des systèmes de détection d’obstacles utilisant des radars, capables de repérer une voiture coincée entre les barrières et d’émettre un signal d’urgence pour réduire la vitesse du train, ou encore des dispositifs sonores stridents conçus pour dissuader les individus imprudents.
Qui est tenu pour responsable ? Dans 98 % des situations, c’est soit l’automobiliste soit le piéton qui enfreint l’interdiction. « Il s’écoulera un maximum de 2 minutes 30 avant que la barrière ne se relève. » Ainsi, vous constatez qu’il n’y a rien de significatif. François Delétraz, de la fédération nationale des associations d’usagers des transports, souligne que malgré l’impatience phénoménale des personnes, il est important de rappeler que les trains ne peuvent pas s’arrêter instantanément. Devant certains comportements, la Belgique a opté pour une mesure radicale en diffusant des vidéos choquantes à des fins de prévention.
