“Il est important de soutenir une filière française et européenne” d’avions bombardiers d’eau

Sophie Pantel

Sophie Pantel, députée PS de Lozère et co-rapportrice d’un rapport parlementaire sur la maintenance du Canadair, a souligné l’importance de développer et de soutenir une filière française et européenne dédiée aux avions bombardiers d’eau pour la lutte contre les incendies. Lors d’une intervention sur ICI Gard Lozère, elle a insisté sur la nécessité de « renouveler » la flotte aérienne tout en l’adaptant aux nouveaux défis, notamment pour assurer une couverture efficace sur l’ensemble du territoire national.

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La flotte actuelle, selon Sophie Pantel, a été conçue pour répondre aux besoins des départements méditerranéens, mais la situation a évolué. Elle a rappelé que lors de la saison 2022, 90 départements ont été touchés par des incendies, soulignant que « tout le territoire national est concerné par le risque incendie».

Actuellement, la France utilise une flotte vieillissante, comprenant onze Canadairs en service, dont un a été endommagé en Corse. En outre, il y a huit avions Dash, dont six ont été renouvelés, ainsi que 36 hélicoptères, avec une dernière commande prévue pour 2029. La flotte est complétée par trois Beechcraft, chargés de missions d’investigation.

Sophie Pantel a également mis en avant la dépendance actuelle de la France vis-à-vis de l’entreprise canadienne Canadair pour ces appareils, alors que des projets français existent. Elle a mentionné l’implication d’Airbus et de start-up prometteuses, qui pourraient être en mesure de fournir des bombardiers d’eau français d’ici à 2030.

La députée appelle à développer une souveraineté nationale en établissant une filière industrielle pour la fabrication de ces avions, tout en diversifiant la flotte et en s’inscrivant en complémentarité avec les ressources de l’Union européenne, notamment le programme RescEU, qui constitue une réserve de capacités de protection civile à l’échelle européenne. « Il est crucial de retrouver la souveraineté sur une flotte française», a-t-elle affirmé.

Dans son rapport, Sophie Pantel a par ailleurs alerté sur la hausse des coûts liés à la location de la flotte aérienne, devenue structurelle, passant de 2 millions d’euros en 2020 à 30 millions prévus en 2025. Elle a précisé que plus de 100 millions d’euros avaient déjà été dépensés pour la location, renforçant ainsi l’urgence de soutenir une filière française et européenne.

En attendant la création d’une véritable filière, l’une des solutions proposées est le « rétrofit », qui consiste à adapter des appareils existants. Sophie Pantel a cité des tests récents réalisés par Airbus sur l’A400M, qui ont montré la possibilité d’ajouter un kit de largage à cet avion, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles solutions pour la lutte contre les incendies.

Son intégration dans l’A400M ne nécessite aucune modification permanente de l’avion, ce qui permet à n’importe quel A400M d’être rapidement converti pour des missions de lutte contre les incendies dans des délais très courts. Le kit, installé dans la soute et équipé de réservoir pouvant être remplis en moins de 10 minutes à l’aide de pompes standards, peut déverser par gravité jusqu’à 20 tonnes d’eau ou de retardant par la rampe arrière de l’avion. Communiqué Airbus.

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