21 juin 2024

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Maintenant “on peut commander de la cocaïne comme on se fait livrer une pizza”

Maintenant Pour les consommateurs de drogue, passer commande avec leur téléphone portable est devenu une habitude. « Il livre les clients et récupère l’argent auprès d’eux, et une fois qu’il a terminé sa journée, soit il retourne à l’endroit de départ où il avait pris les stupéfiants, soit par messagerie, reçoit l’endroit où il doit laisser le butin de sa tournée», détaille Guillaume Batigne, chef de la brigade des stupéfiants de la PJ parisienne.

Les dealers utilisent d’ailleurs tous les codes du marketing que l’on retrouve dans le commerce en ligne, avec des promotions, des cartes de fidélité, des goodies aussi, comme par exemple des jeux à gratter distribués aux clients. Ce mode de livraison explose à Paris alors que plus d’un tiers des points de deals physiques dans la rue ont disparu ces trois dernières années en raison de l’action des forces de l’ordre, dans le même temps, la police judiciaire a réalisé l’an dernier 40 % d’affaires en plus liées à des réseaux de cybertrafiquants, soit 41 affaires au total.

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Ces réseaux ne sont pourtant pas évidents à démanteler puisque les commandes sont passées par messagerie cryptée. Quant aux livreurs, leurs profils évoluent et sont difficiles à détecter, admet le patron de la police judiciaire parisienne, Fabrice Gardon. « On constate qu’il y a de plus en plus de jeunes femmes qui ont l’apparence de cadres». Les réseaux utilisent de plus en plus ce genre de profils, des personnes qui parfois ne sont aucunement connues et qui trouvent là une opportunité de se faire de l’argent assez facilement. Depuis trois ans, dans l’agglomération parisienne, « on a fait diminuer d’environ un tiers le nombre de points de deals. »

Ainsi, les réseaux de trafiquants ont besoin pour écouler leur marchandise de trouver d’autres moyens. D’où l’augmentation très forte de ces réseaux que l’on appelle cyberstupéfiants. « C’est plus de 40 % d’affaires en plus sur cette thématique réalisée par la police judiciaire parisienne de 2022 à 2023», développe Fabrice Gardon. De leur côté, les clients ont le sentiment d’être protégés en passant commande derrière leur téléphone.

« On a des consommateurs qui n’auraient pas consommé si le seul moyen d’obtenir le produit avait été de se rendre dans un point de deal. » On a des consommateurs qui peuvent avoir peur parce qu’il y a un effet de stigmatisation sociale si jamais on est vu en train d’acheter des substances, donc maintenant on va toucher à un nouveau public et ça, c’est intéressant pour des narcotrafiquants qui ont énormément de quantité de marchandises à écouler», explique l’économiste Clotilde Champeyrache, spécialiste de la criminalité organisée. Des narcotrafiquants pour qui les fichiers clients sont très précieux. « En Italie, par exemple, vous avez des noms de drogue comme le ‘Nesquik’, on voit bien que là, on va viser de très jeunes consommateurs !

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Face à l’ampleur de ce phénomène, la police parisienne se dote donc de nouveaux moyens. L’objectif pour le directeur de la police judiciaire parisienne Fabrice Gardon est d’être prêt à l’approche des Jeux olympiques. « On va avoir un grand nombre de touristes qui vont consommer des stupéfiants et qui évidemment ne connaissent pas les points de deal physiques dans les cités en banlieue parisienne». « La police tient aussi à rappeler qu’elle ne s’attaque pas qu’aux réseaux. »

13 000 consommateurs ont été verbalisés l’an dernier à Paris, soit une hausse de 75 % dans les arrondissements les plus festifs de la capitale, rapporte franceinfo.

L’offre et la demande. Lorsqu’un consommateur est pris sur le fait, il risque une amende, mais cela ne semble pas assez dissuasif. Il faudrait probablement leur infliger des peines de prisons avec sursis avec une amende forfaitaire de 1 500 euros. Peut-être que dans ces circonstances, les consommateurs achèteraient moins de drogues et feraient mécaniquement diminuer la quantité de stupéfiants !

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