Des chercheurs paient des étudiants américains pour dormir

Et si l’on envisageait de rémunérer les étudiants pour qu’ils dorment ? Il s’agit de l’expérience surprenante réalisée par trois chercheurs américains, à savoir Osea Giuntella de l’université de Pittsburgh, Silvia Saccardo de l’université Carnegie Mellon et Sally Sadoff de l’université de Californie à San Diego.
Leur recherche, parue en juillet 2026 dans le Journal of Political Economy, a concerné plus de 1 100 étudiants de l’université de Pittsburgh. Durant le déroulement de l’expérience, les sujets ont été équipés d’un dispositif portable connecté, ce qui a permis aux chercheurs de surveiller leur cycle de sommeil. De plus, une application leur envoyait des rappels pour l’heure du coucher ainsi qu’un récapitulatif le matin.
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Le constat initial est clair : ces étudiants ont un sommeil insuffisant. En moyenne, ils consacrent 6 heures et 36 minutes à leur sommeil nocturne. 50% des individus vont se coucher après une heure du matin.
Afin d’évaluer la faisabilité de la modification de ces habitudes, les chercheurs ont mis en place divers dispositifs expérimentaux. Leur principale méthode d’intervention consistait à lier les rappels à une récompense financière immédiate : 468 étudiants, sélectionnés de manière aléatoire, se voyaient attribuer environ cinq dollars à chaque fois qu’ils parvenaient à dormir au moins sept heures au cours d’une nuit en semaine. La durée de l’expérience s’est étendue sur une période de quatre semaines.
Les résultats présentent une signification statistique. Grâce à cette incitation, on observe une augmentation de 26 % de la proportion de nuits de semaine où les étudiants dorment au moins sept heures. En moyenne, leur durée de sommeil augmente de 19 minutes par nuit pendant la période de quatre semaines de l’expérience. De plus, les effets ne s’estompent pas immédiatement avec le temps. À la suite de la cessation du protocole, les chercheurs observent une augmentation moyenne de huit minutes de sommeil.
Le fait de dormir davantage semble également avoir un impact sur les performances académiques. Les chercheurs ont pu consulter les relevés académiques des participants et ont observé une progression de leurs résultats au cours du semestre.
L’impact demeure limité, se situant de 0,075 à 0,089 point additionnel sur l’échelle de notation américaine. Cependant, il est mesurable de manière statistique. Les auteurs soutiennent que les encouragements au repos peuvent représenter une stratégie peu onéreuse pour améliorer les performances académiques.
Cette expérience revêt un intérêt particulier car elle ne se limite pas à persuader les étudiants des avantages du sommeil. La majorité écrasante d’entre eux affirment déjà leur désir de dormir plus longtemps. Ainsi, le défi consiste à traduire cette intention en action.
Les chercheurs ont effectivement expérimenté diverses méthodes pour atteindre cet objectif. Les rappels et les évaluations de la qualité du sommeil, lorsqu’ils sont employés de manière isolée, démontrent une efficacité nettement moindre que lorsqu’ils sont combinés à une incitation immédiate. L’instant auquel l’argent est versé est également important. Les incitations immédiates se révèlent plus efficaces lors de l’expérience que les récompenses différées qui sont versées ultérieurement. En d’autres termes, il semble que l’obtention d’une petite récompense immédiate soit plus efficace pour induire un changement de comportement que la perspective d’un bénéfice à long terme.
La problématique va bien au-delà des campus américains. En juillet 2026, en France, un rapport de l’Observatoire national de la vie étudiante a été publié, portant sur la santé et le bien-être des étudiants. Ce rapport s’appuie notamment sur une enquête réalisée en 2024. Les résultats mettent en évidence l’importance du sommeil dans la vie universitaire, avec un tiers des étudiants déclarant avoir déjà éprouvé des difficultés académiques en raison de leurs habitudes de sommeil. Environ la moitié des étudiants interrogés seulement ont des horaires réguliers de coucher et de lever. Le rapport souligne la nécessité d’intégrer de manière plus approfondie la santé et le bien-être dans les politiques mises en œuvre sur les campus.
Actuellement, il n’est pas suggéré de fournir une allocation de cinq euros aux étudiants français après une nuit de sommeil réparateur. Cependant, la pratique de gratifier monétairement de bonnes habitudes commence à se répandre dans d’autres contextes. À Singapour, au début du mois de septembre, la National Library Board a initié le programme ReadSG, visant à inciter les résidents à consacrer au moins quinze minutes quotidiennes à la lecture. Les participants ont la possibilité d’enregistrer leurs sessions de lecture et de gagner des jetons virtuels qui peuvent être échangés contre de modestes récompenses.
Pour obtenir l’équivalent d’un dollar singapourien, ils doivent effectuer cinquante séances de lecture d’une durée minimale de quinze minutes chacune. Par conséquent, le montant est principalement symbolique. L’objectif principal du dispositif est de favoriser l’instauration d’une pratique régulière de la lecture, particulièrement face à la concurrence grandissante des écrans et des contenus numériques courts qui captent une part importante de l’attention.
Aux États-Unis, le sommeil est une activité essentielle. La lecture est une activité populaire à Singapour. Ces expériences soulèvent en définitive la question suivante : devrions-nous être récompensés pour adopter des habitudes dont les bénéfices sont déjà connus ?
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
