Les médecins libéraux et les biologistes appellent à la grève les 1er et 2 décembre

Les médecins libéraux et les biologistes appellent à la grève les 1er et 2 décembrePour la première fois depuis 2015 et la loi Touraine, tous les syndicats de médecins libéraux appellent à la grève, jeudi 1ᵉʳ et vendredi 2 décembre, pour faire pression sur l’exécutif dans le cadre du budget de la Sécu.

Les syndicats de biologistes, également engagés dans d’âpres négociations avec l’Assurance-maladie et le gouvernement, appellent aussi à fermer les laboratoires pendant deux jours. De leur côté, les radiologues soutiennent le mouvement, mais leurs revendications ont déjà été entendues. Le mouvement, symptôme d’une colère sourde qui se répand dans la profession, a été initié par le jeune collectif Médecins pour demain, créé fin août et qui rassemble à ce jour plus de 14 000 membres sur Facebook.

Médecins pour demain prévoit «des milliers de cabinets médicaux fermés» dans toute la France et plusieurs actions en régions et à Paris. «Beaucoup de médecins qui n’ont jamais fermé de leur vie vont le faire cette fois, donc nous pensons légitimement que le mouvement va être très suivi», a prédit mardi lors d’une conférence de presse le président du syndicat UFML, Jérôme Marty.

«Ces deux jours de fermeture doivent constituer un électrochoc», affirme pour sa part le Syndicat des médecins libéraux, qui réclame de longue date le doublement du prix de la consultation de 25 à 50 euros pour donner aux médecins «les moyens de rester libéraux». Au-delà du sujet financier, les médecins s’inquiètent pour leur liberté d’installation, de plus en plus remise en question, notamment au Parlement où s’accumulent les propositions de loi sur les déserts médicaux.

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Julien Sibour affirme par exemple avoir dû emprunter 30 000 euros à la banque pour s’installer. Médecins pour demain a d’ailleurs évoqué une «grève dure» à partir du 26 décembre. Après une première grève de trois jours mi-novembre, syndicats et grands groupes d’analyses médicales appellent de nouveau à la fermeture des laboratoires. Pointé du doigt depuis deux mois pour ses profits records liés aux tests Covid, le secteur refuse mordicus la ponction de 250 millions d’euros par an sur les autres examens, inscrite dans le budget de la Sécurité sociale pour 2023.

Ce mouvement est leur dernière chance avant le vote définitif du projet de loi, que l’exécutif ne semble pas prêt à modifier. Reçus à l’Assurance-maladie le 22 novembre, les quatre syndicats de biologistes libéraux avaient soumis un «compromis» à leur interlocuteur, exigeant une réponse le 23 novembre au plus tard. Opposés à ce «coup de rabot pérenne» de 250 millions d’euros par an, ils consentaient à une ponction du même montant l’an prochain, ramenée à 145 millions de 2024 à 2026.

Selon Lionel Barrand, président du syndicat national des biologistes médicaux, interrogé sur franceinfo, les laboratoires sont prêts à participer à «l’effort collectif» après la pandémie, mais souhaitent que cet effort se fasse sur «les analyses Covid» et non sur «les analyses de routine et d’urgence».

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Ces professionnels devaient initialement se joindre au mouvement de grève. «C’est une avancée très positive qui était attendue depuis plusieurs années par la Fédération nationale des médecins radiologues», s’est félicitée la FNMR dans un communiqué. Même si les radiologues soutiennent le mouvement des biologistes et des médecins, ils «ne feront pas grève», assure-t-il dans les colonnes du quotidien.

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