Les États européens adoptent un compromis sur leurs émissions de gaz à effet de serre

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Le Danemark, actuellement en charge de la présidence tournante de l’Union européenne, a présenté ce compromis afin d’illustrer que l’Europe maintient son rôle de leader en matière environnementale, malgré les désaccords entre les États membres. Cependant, le document, validé à l’issue de discussions intenses entre les ministres de l’Environnement, se résume à une simple « déclaration d’intention» et non à un engagement contraignant. « Une ‘non-décision’ critiquée par l’eurodéputé centriste Pascal Canfin», déclare-t-il.
L’Europe manque le rendez-vous de l’ambition climatique.
« C’est loin d’être idéal», nuance Elisa Giannelli, membre du think tank E3G, « mais c’est la meilleure option à ce stade». Ceci permet à l’Union européenne de préserver son image sur la scène internationale. Le blocage demeure concernant la proposition de la Commission européenne visant à diminuer de 90 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2040 par rapport à 1990. Le Danemark, la Suède et l’Espagne militent en faveur, tandis que la Hongrie et la République tchèque s’opposent au nom de la protection de leur industrie. La France, quant à elle, adopte une position prudente sur la question.
Cette entente minimale survient suite à l’annonce jeudi par le service européen Copernicus que les émissions de carbone dans l’atmosphère, causées par les incendies de forêt de cet été, sont déjà les plus élevées jamais enregistrées depuis le début des relevés il y a 23 ans en Europe.
Durant la période estivale, les vagues de chaleur ont engendré une augmentation de 70 % du nombre de décès dans les agglomérations européennes, occasionnant des pertes financières de l’ordre de 10 milliards d’euros pour la France. Le Réseau action climat a exprimé des regrets dans un communiqué, soulignant le manque d’engagement de l’Europe en matière de lutte contre le changement climatique. Selon cette fédération d’associations environnementales, le nouveau report de l’adoption de l’objectif climatique européen pour 2040 et l’établissement d’une fourchette minimale pour définir la Contribution nationale déterminée de 2035 suscitent des doutes quant à la décarbonation.
