Les stéréotypes et les discriminations liés à l’âge ont la peau dure en entreprise

Existe-t-il un stade de la vie professionnelle où la réussite est garantie ? Est-ce que la perception de la « valeur marchande » d’une personne est plus élevée lorsqu’elle est jeune et au début de sa carrière, ou bien lorsqu’elle a accumulé plusieurs décennies d’expérience professionnelle ?
Afin d’approfondir la compréhension des perceptions, l’association Grandes Écoles au féminin a mené une enquête auprès de 1 300 individus âgés de 18 à 55 ans et plus. Toutes les personnes mentionnées ont suivi des études ou obtenu des diplômes dans des établissements renommés tels que Polytechnique, l’ENA, les Mines, l’Essec ou Sciences Po. Lorsque l’on pose la question de savoir s’il existe un âge optimal pour être performant en entreprise, la grande majorité (92 %) répond par la négative, de manière spontanée et sincère. Cependant, une analyse plus approfondie révèle une ambivalence beaucoup plus marquée dans les résultats.
Les individus sont généralement considérés comme jeunes jusqu’à l’âge de 38 ans, puis qualifiés de vieux à partir de 50 ans.
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L’étude révèle que peu de personnes se sentent réellement à l’aise avec leur âge au travail. Une grande majorité des individus âgés de moins de 35 ans ont déjà ressenti qu’ils étaient trop jeunes, tandis que 63 % des personnes âgées de 55 ans et plus ont exprimé se sentir trop vieilles.
Certains individus le perçoivent comme le résultat d’un manque d’écoute et de responsabilités. Les employés de rang inférieur sont souvent confrontés à l’absence de formation, de possibilités de promotion ou d’augmentation de salaire. Ces perceptions peuvent perdurer sur une longue période, car selon les personnes interrogées, la jeunesse au sein du monde professionnel s’étend jusqu’à l’âge de 38 ans, tandis que la vieillesse commence à partir de 50 ans.
Dans cette tranche d’âge spécifique, qui s’étend de 39 à 49 ans, il est précisément établi qu’il reste une période de 10 années de vie professionnelle lors de laquelle les individus seraient davantage appréciés, comme l’ont indiqué la plupart des participants. Il s’agit d’une période privilégiée où l’individu est suffisamment mature pour être considéré avec sérieux, tout en n’étant pas encore relégué au second plan en raison de son âge. Dans le cadre de l’augmentation de la durée de vie professionnelle, Patricia Delon, présidente de l’association, souligne que cette opportunité est extrêmement limitée.
69 % des femmes, en particulier les jeunes femmes, rapportent avoir déjà été l’objet d’une remarque ou d’un commentaire concernant leur âge, ce qui représente une différence de 10 points par rapport aux hommes. Pour la moitié d’entre elles, ces remarques étaient critiques.
En outre, il semble que les femmes bénéficient moins de la période de prospérité. La transition entre le sentiment de jeunesse et celui de vieillesse professionnelle s’effectue rapidement pour elles.
Devant cette observation, l’association des Grandes Écoles au féminin encourage les départements des ressources humaines des entreprises à aborder cette problématique, tandis que la question de l’âge demeure un sujet récurrent dans les discussions publiques.
