Hausse des appels au 3919

Les individus victimes de violence peuvent bénéficier d’une assistance téléphonique gratuite en composant le numéro 3919. L’année précédente, un total de 108 000 appels ont été gérés, ce qui représente une augmentation de 7,8 % par rapport à l’année 2024. Parmi les incidents rapportés, 92 % concernent des cas de violence conjugale, en particulier des tentatives d’étouffement ou de strangulation. 7,4 % des cas sont liés à des agressions sexuelles.
Il n’existe pas de profil standard pour les femmes victimes, comme aucun profil type n’existe pour les auteurs. Selon Mine Günbay, directrice générale de la Fédération nationale Solidarité Femmes, les femmes victimes de violence peuvent appartenir à diverses tranches d’âge et à différentes catégories socioprofessionnelles.
Le service du 3919 est opérationnel en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Toutefois, il convient de noter que la ligne téléphonique en question n’est pas destinée à être utilisée comme un numéro d’urgence. En situation de péril, il convient de composer le numéro 17.
En 2026, le 3919, numéro national d’écoute pour les femmes victimes de violence, fait face à une hausse significative des appels, mais également à une nouvelle menace : la multiplication des appels malveillants et coordonnés, souvent issus de milieux masculinistes.
Principales causes de la hausse des appels.
Augmentation des violences conjugales et sexuelles : Le nombre d’appels traités reste élevé, avec une forte proportion de cas de violences conjugales (plus de 90 % des appels). En 2024, plus de 100 000 appels ont été pris en charge, un record, et 2025 a confirmé cette tendance.
Ouverture 24 h/24 : l’extension des horaires d’ouverture a favorisé une meilleure accessibilité, notamment pour les victimes de violences sexuelles, dont les appels ont fortement augmenté.
Depuis début 2026, la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) alerte sur une recrudescence d’appels malveillants, coordonnés par des groupes masculinistes ou “incels”. Ces appels visent à saturer la ligne, intimider les écoutantes, et remettre en cause l’existence même d’un numéro dédié aux femmes.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé une « menace masculiniste organisée et décomplexée », soulignant que ces attaques s’inscrivent dans une stratégie plus large de remise en cause des politiques d’égalité et des dispositifs de protection des femmes.
Ces vagues d’appels malveillants perturbent le fonctionnement du 3919, déjà sous tension en raison de la hausse des demandes légitimes. Les écoutantes subissent des pressions et des intimidations, ce qui aggrave leurs conditions de travail.
La FNSF et le gouvernement appellent à un renforcement des moyens financiers et juridiques pour protéger la ligne et ses équipes, et pour lutter contre ces campagnes de déstabilisation.
La hausse des appels au 3919 en 2026 reflète à la fois une augmentation des violences faites aux femmes et une nouvelle forme de harcèlement organisé, visant à affaiblir les dispositifs d’aide aux victimes.
