Un faux printemps qui réveille les végétaux trop tôt

Un faux printemps qui réveille les végétaux trop tôt
Dans le Sud-Ouest, la température a dépassé les 28 °C, ce qui a entraîné la battue de nombreux records de chaleur. Par ailleurs, un temps printanier a été observé dans toute la France. Depuis environ dix jours, une période de chaleur inhabituelle persiste – il a été enregistré des températures proches de 20 °C dans certaines régions, le jeudi 5 mars. Selon Nemo Pawlowski, prévisionniste chez Météo-France, cette tendance devrait se maintenir malgré une baisse des températures prévue dans les jours à venir.

Cette période, propice au changement climatique, a stimulé la croissance précoce des cultures. On observe actuellement un phénomène de floraison en avance, surpassant même les années 2021 et 2024. Selon Serge Zaka, titulaire d’un doctorat en agroclimatologie, ce phénomène, également renforcé par les précipitations de février, affecte l’ensemble des régions.

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L’expert évoque le « faux printemps le plus marquant que la France ait jamais connu, caractérisé par une période de douceur pendant et après l’hiver qui provoque un réveil prématuré des végétaux ». Toutes les cultures, qu’il s’agisse de fruits ou de plantes telles que le colza, sont affectées.

Les légumes tels que le poireau et le chou-fleur sont par ailleurs impliqués. Selon Serge Zaka, la douceur des températures conduit à une commercialisation plus précoce et en plus grande quantité des potages, ce qui augmente le risque de surproduction, malgré une moindre propension à en consommer par temps chaud. L’agroclimatologue recommande de ne pas hâter la plantation des légumes d’été pour les jardiniers, mettant en avant les risques associés tels que l’apparition précoce des ravageurs, des maladies et des pics de pollen en raison des températures actuelles.

Les agriculteurs sont préoccupés par la perspective d’une période de gel pouvant se prolonger jusqu’à la mi-avril, voire début mai dans le nord du pays, ce qui pourrait causer des dommages aux récoltes. Cette situation suscite des craintes quant à d’éventuelles conséquences négatives. Les bourgeons, lorsqu’ils sont fermés, jouent un rôle protecteur pour les arbres, agissant tel une couverture de sécurité. Dès l’éclosion des bourgeons et l’épanouissement des fleurs, l’arbre devient vulnérable aux gelées, ce qui le rend plus exposé, résume Serge Zaka. Ainsi, un gel tardif peut avoir des effets moins prononcés mais plus dévastateurs, car il affecte les bourgeons déjà éclos.

Selon les modèles de prévision de Météo-France, il est probable que le mois de mars maintienne des températures douces. L’évolution ultérieure est plus incertaine. En avril 2021, une sévère période de gel due à une vague de froid a provoqué d’importantes pertes de récoltes, en particulier dans les secteurs de la viticulture et de l’arboriculture.

Un début de printemps plus précoce peut également poser un défi pour certains agriculteurs : la concurrence avec les fruits et légumes provenant des pays du sud de l’Europe. Si cette tendance se maintient, il est probable que ces éléments soient commercialisés plus tôt.

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