Des préadolescents accros aux cosmétiques

Sur Internet, les préadolescents passionnés de produits cosmétiques se montrent sans retenue. D’après une étude réalisée aux États-Unis, certaines personnes dépensent jusqu’à 145 euros par mois. Une génération fortement impactée par la culture de la K-pop coréenne et l’apparence impeccable de leurs icônes. Il y a un mois, une boutique spécialisée dans les produits de beauté coréens a été inaugurée à Montpellier, dans le département de l’Hérault. Comme Lou, âgée de 14 ans, les adolescents se précipitent. Elle affirme : “Cela donne une peau légèrement parfaite, lumineuse, sans imperfections”. Chez Sephora, tout comme aux États-Unis, on observe une augmentation du nombre de jeunes fréquentant les rayons.
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En Italie, une enquête a été ouverte par les autorités. Elles ont des soupçons selon lesquels la marque fait la promotion de produits cosmétiques destinés aux adultes auprès d’un public enfant et adolescent. Le test a été réalisé en France en utilisant une caméra cachée. Nous avons présenté à une vendeuse des vidéos d’influenceuses et sollicité des conseils pour une fillette de 11 ans. Nous lui avons mentionné un produit en particulier, un toner, que nous avons jugé très efficace. Elle nous recommande que les petites filles adorent cela. Ou un produit contenant de l’acide hyaluronique, connu pour ses propriétés anti-âge.
Une fois contacté, Sephora se défend en assurant que “l’expérience décrite ne correspond en aucun cas à nos normes”. Toutes nos équipes seront rappelées à l’ordre concernant des consignes strictes, et nous nous engageons à renforcer nos procédures de contrôle interne.
Un risque significatif
Les cosmétiques recommandés ont été soumis à l’avis d’un dermatologue. D’après son point de vue, l’augmentation de la diversité des produits consommés par l’enfant accroît les risques encourus. Il affirme que la variété des produits entraîne une multiplication des risques de développer des allergies. Il n’existe aucune justification médicale ou physiologique pour que l’enfant applique un produit sur sa peau. Il est crucial de ne pas sous-estimer le fait que l’adoption de telles pratiques à l’âge de 10 ans ne garantit pas la protection de la peau à l’âge de 40 ou 50 ans”, explique le professeur Pierre Vabres de la Société française de dermatologie.
Selon les experts, on prévoit une croissance du marché de 10 milliards d’euros d’ici 2030. En se concentrant sur le marché des enfants, l’industrie des cosmétiques connaît un renouveau.
Il faudrait de nouveau que les parents reprennent leurs enfants en mains afin qu’ils ne fassent pas tout et n’importe quoi pour leur santé et leur développement. Il ne faut surtout pas que les parents les encouragent à faire tout et n’importe quoi sous prétexte de faire comme les autres ou d’être tranquille !
