La probable ré-autorisation de l’acétamipride, pesticide interdit en France

L’examen de la loi d’urgence agricole au Sénat ce lundi 29 juin risque de créer des tensions. Le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb a déposé un amendement en commission pour réautoriser deux pesticides interdits en France, dont l’acétamipride depuis 2016.
Ce pesticide crée des divisions dans divers secteurs politiques. Devant cette nouvelle offensive, médecins et scientifiques dénoncent de nouveau les risques liés à ce produit, tandis que des filières comme celle de la betterave sucrière, très demandeuse de ce « tueur d’abeilles », affichent ouvertement leurs espoirs.
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Les betteraviers français visent à conserver leur position de leader en Europe avec 4,5 millions de tonnes de sucre en 2025. Ils pensent que le retour de l’acétamipride pourrait les aider à lutter contre les pucerons vecteurs de la maladie de la jaunisse, qui affecte gravement les cultures.
« Les Allemands sont nos premiers concurrents. Je suis Alsacien et ce produit est utilisé à 20 km de chez moi. En Alsace, je ne peux pas », déclare Franck Sander, à la tête de la confédération des planteurs de betteraves regroupant 23 000 membres en France.
En 2025, ils ont cultivé près de 400 000 hectares, soit 5 % de moins qu’en 2024. Franck Sander s’indigne des écarts de salaires entre la Pologne (30 %) et l’Allemagne (10 %).
Selon lui, c’est l’une des raisons de la fermeture de six sucreries françaises ces sept dernières années, entraînant la perte de plus de 70 000 emplois liés à cette filière. « Ne délocalisons pas juste de l’autre côté du Rhin, soyons pragmatiques », complète-t-il. Outre la betterave sucrière, l’acétamipride serait également de retour pour les pommes, les cerises et les noisettes.
« La question est ‘le business prime-t-il sur la santé publique’ ? », s’exaspère Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, chimiste et toxicologue. Le scientifique est en colère contre la possible réintroduction du pesticide, qu’il considère comme de l’acharnement.
Il insiste sur les effets prouvés de l’acétamipride sur la biodiversité. Le produit persiste dans l’environnement même sous la pluie, comme le prouvent de nombreuses études. « Ce n’est pas seulement les chimistes qui protestent, il y a vraiment un consensus à ce sujet. » « Prévenir les maladies en appliquant le principe de précaution ou de prévention pour éviter les effets graves des produits sur la santé de nos concitoyens », déclare Jean-Marc Bonmatin.
Pour Pierre-Michel Périnaud, coprésident de l’association Alerte médicale sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens, les médecins sont par ailleurs effrayés par la levée de l’interdiction. Il met en avant les multiples risques liés à l’acétamipride, notamment sa forte contamination de l’homme et sa capacité à franchir de nombreuses barrières corporelles. Ensuite, il avait été classé comme toxique pour la reproduction par l’agence européenne. Troisième élément, perturbateur endocrinien. Événement rare : le Conseil national de l’ordre des médecins s’est opposé au retour de l’acétamipride.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
