Le chalutage des fonds marins dans l’oeil de l’Union Européenne

Le chalutage des fonds marins dans l'oeil de l'Union EuropenneLa consommation de poissons a la cote en France, dépassant les 2,31 millions de tonnes en 2015, faisant du pays l’un des deux plus grands marchés européens des produits aquatiques avec l’Espagne.

Nombre de scientifiques et d’associations alertent sur les dangers de la surpêche. En ligne de mire, le chalutage de fond, technique de pêche qualifiée ces derniers jours comme «la plus néfaste à l’environnement et au climat» par une coalition d’ONG. Le 9 décembre, une quarantaine d’universitaires, ONG et consultants en environnement, avec le soutien financier de fondations américaines, ont publié une synthèse détaillée à ce sujet. Une pétition rassemblant plus de 152 000 signataires a été remise le 20 décembre au Commissaire européen Virginijus Sinkevicius chargé des Affaires maritimes et de la pêche, dans le cadre de la consultation publique ouverte jusqu’au 10 janvier par l’UE, afin de légiférer au printemps.

Les chaluts de fond, ces navires qui tractent de larges filets longs parfois de 500 mètre, ratissent les sols marins pour capturer des tonnes de poissons, sans distinction. Soit «entre 200 et 600 milliards de poissons», évalue Brigitte Gothière de l’association de défense des animaux L214, contactée par Libération. La diversité des poissons est pourtant nécessaire à la survie de toutes les espèces, du monde marin, mais aussi terrestre, l’océan fournissant 50 % de l’oxygène que nous respirons, selon un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de 2019.

Les bateaux consomment jusqu’à 40 milliards de litres de carburant par an et abîment de manière irréversible les fonds marins, sources de nourriture pour les animaux et puits de carbone essentiel, explique un article scientifique publié dans la revue internationale Nature en mars. En 2015, 33 % des stocks de poissons dans le monde étaient surexploités. La faute entre autres, selon Fabienne Trolard, à des entreprises véreuses qui veulent aspirer toujours plus de poissons pour les vendre à des prix défiant toute concurrence. Revient également le problème des besoins alimentaires en forte hausse dans le monde.

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En 2016, après quatre ans d’intenses négociations, l’UE a banni la pêche en eaux européennes au-delà de 800 mètres, une profondeur ramenée à 400 mètres dans les zones dites «d’environnement marin vulnérable». Elle avait demandé que la pêche de grands fonds soit encadrée, de manière à protéger les milieux marins très vulnérables. Les aides mondiales, sous forme de détaxe du carburant ou d’aides à la motorisation et à la construction de chaluts toujours plus puissants, sont «peu vertueuses». Et pourtant largement répandues, s’élevant «à plus de 35 milliards de dollars par an», regrette Philippe Cury de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et président du conseil scientifique de Monaco.

Le chercheur attend désormais impatiemment de voir comment l’UE mènera sa «stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030.» Avec, au printemps prochain, son «Plan d’action pour l’océan», destiné à préserver les ressources halieutiques et à protéger les écosystèmes marins. Et à plus long terme avec son «pacte vert», annoncé en fanfare en décembre 2019, quand Ursula von der Leyen a pris la tête de la Commission européenne.

Pour rappel la population mondiale était en 1970 de 3,7 milliards (nombre qu’il n’aurait jamais fallu dépasser) nous sommes actuellement en 2021 à 7,8 milliards soit une progression de 110 %. Il est là problème environnementale et climatique. Il faudra réduire la population mondiale ou nous courrons à la catastrophe.

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