Le Royaume-Uni instaure une lourde taxe kilométrique sur les voitures électriques

Le Royaume-Uni instaure une lourde taxe kilométrique sur les voitures électriques
Renault 5 électrique Image dillustration

Une mesure en apparence contre-intuitive, voire potentiellement contre-productive, est envisagée alors que le Royaume-Uni vise à éliminer progressivement les véhicules thermiques d’ici une décennie. À compter du 1ᵉʳ avril 2028, les détenteurs britanniques des environ 5,6 millions de véhicules électriques et hybrides en circulation seront soumis à une nouvelle taxe établie sur le kilométrage parcouru.

Les premiers seront tenus de payer une redevance de 3 pence par mile parcouru, tandis que les seconds devront s’acquitter de 1,5 penny, avec la possibilité pour le gouvernement d’ajuster cette taxe selon l’inflation en 2029 et 2030. D’après les autorités d’Andy Burnham, un individu possédant un véhicule électrique et parcourant en moyenne 8 900 miles par an, ce qui équivaut à environ 14 300 km, sera soumis à une taxe de 267 livres, soit environ 312 euros.

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Présentée à l’automne 2025 par Rachel Reeves, qui occupait alors le poste de chancelière de l’Échiquier dans le gouvernement travailliste de Keir Starmer, la proposition avait immédiatement provoqué une vive réaction, tant de la part des conducteurs que de l’industrie automobile. Cette taxe risque effectivement de compromettre la transition déjà laborieuse vers la mobilité électrique. En Islande, l’introduction d’une taxe basée sur le kilométrage a entraîné une diminution de 75 % des ventes de véhicules électriques neufs en 2024, tandis qu’une mesure similaire en Nouvelle-Zélande a provoqué une réduction de 50 % des ventes.

D’après un groupe de pression représentant les entreprises spécialisées dans la recharge des véhicules électriques, le Trésor britannique risque de subir une diminution des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée de l’ordre de 630 millions de livres sterling dès 2028 en raison de l’implémentation d’une telle taxe.

En pratique, les détenteurs de véhicules électriques seront tenus de payer un montant fixe, déterminé en fonction de leur propre évaluation du nombre de kilomètres parcourus annuellement ; cette évaluation sera ensuite vérifiée par un relevé kilométrique réalisé lors de l’inspection technique annuelle.

L’introduction de cette taxe est légitimée par le gouvernement en raison de l’usure des infrastructures routières. Les conducteurs de véhicules utilisant de l’essence ou du diesel paient déjà une taxe sur les carburants à la pompe afin de participer de manière équitable à cet investissement. Cependant, les conducteurs de véhicules électriques ne sont actuellement soumis à aucun paiement équivalent. Le montant de la taxe sur les carburants s’élève en moyenne à 600 livres, ce qui correspond approximativement à 702 euros, pour les propriétaires de véhicules à essence ou diesel.

En raison de la diminution attendue des recettes de la taxe sur les carburants suite à la transition vers les véhicules électriques, Londres craint une augmentation du déficit des recettes fiscales liées à l’automobile, ce qui pourrait affecter ses finances publiques. Le gouvernement justifie que le dispositif eVED a pour objectif de compenser de manière durable cette perte de revenus. D’après ses estimations, cette taxe pourrait générer un revenu annuel de 7 milliards de livres sterling d’ici 2050-2051, tandis que la taxe actuelle sur les carburants rapporte 24 milliards de livres. Selon les prévisions, l’impact de la taxe se traduirait par une diminution d’environ 120 000 unités dans les ventes de véhicules électriques entre les exercices financiers 2025-2026 et 2030-2031, ce qui représente environ 2 % du total des ventes de véhicules électriques prévues pour cette période.

Les gouvernements européens suivront certainement la situation de près. Alors que la France et le Royaume-Uni présentent des déficits publics importants (5,4 % du PIB en 2025 au Royaume-Uni contre 5,1 % en France) et s’efforcent de rétablir l’équilibre de leurs finances, il est envisageable que le gouvernement français soit tenté par l’adoption de ce modèle de taxation britannique. La réponse de Bercy à l’Opinion est sans équivoque : « L’introduction d’une taxe kilométrique sur les véhicules électriques n’est pas du tout envisagée ; notre objectif est de poursuivre le soutien à la transition vers la mobilité électrique. »


(Article reformulé à l’aide d’IA)

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