Une multiplication incontrôlée des débris spatiaux près de la Terre

Une multiplication incontrôlée des débris spatiaux près de la Terre
Débris spatiaux Image dillustration

Le ciel deviendra-t-il une immense décharge ? C’est une question clé du sommet international sur l’espace à Paris les 9 et 10 septembre. L’Élysée a annoncé une déclaration sur la gestion des débris spatiaux avant l’événement. Le nombre de satellites autour de la Terre a fortement augmenté récemment, en particulier en raison des mégaconstellations telles que Starlink de SpaceX.

En juin, la start-up française Look Up Space a signalé que près de 15 000 engins en orbite autour de la Terre, soit huit fois plus qu’au début de 2019.

Cette inflation rend de plus en plus probable le syndrome de Kessler, nommé d’après l’astrophysicien américain qui l’a conçu. En 1978, Donald J. Kessler a publié un article dans le Journal of Physical Research sur la « fréquence de collision des satellites artificiels et la création d’une ceinture de débris ».
Accidents, déchets partout.

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Le scientifique décrit un scénario catastrophe avec une accumulation massive de débris spatiaux autour de la Terre. Une collision en orbite crée des débris spatiaux, entraînant plus de collisions et de débris, augmentant ainsi les déchets spatiaux de manière exponentielle. Le phénomène se situe entre l’effet domino et l’effet boule de neige, mais à grande échelle et haute altitude.

Les collisions en orbite ne sont pas juste des dégâts matériels. Elles causent des dégâts et génèrent des déchets en arrachant ou brisant des éléments à grande vitesse. Le CNES et l’Agence spatiale française parlent d’impact en orbite basse à des vitesses de 28 800 km/h à 57 600 km/h.

Un modèle mathématique a prédit la vitesse de formation de cette ceinture. « Sa formation pourrait commencer ce siècle et causer un problème majeur le suivant », écrivait Donald J. Kessler en 1978, ajoutant que la présence de débris non détectés provenant d’explosions d’engins spatiaux pourrait réduire ce délai, avertissant comme premier responsable du bureau des débris à la Nasa.

Le syndrome de Kessler est maintenant visible de 750 à 1 100 km d’altitude, selon Christophe Bonnal, expert en débris spatiaux au CNES, lors d’une conférence pour l’Association française d’astronomie en 2022.

Les conséquences ne sont pas encore visibles de la Terre. « La saturation de l’orbite pourrait entraîner un effondrement généralisé suite à des collisions en chaîne », a déclaré le député Arnaud Saint-Martin en 2025 lors d’une mission flash sur les satellites. Il parle d’une « menace existentielle ».

De nombreuses activités terrestres dépendent de l’action des satellites : géolocalisation, transport mondial, définition de l’heure mondiale, horodatage des transactions bancaires, synchronisation des réseaux électriques.

Pour comprendre la menace, la congestion spatiale est surveillée de près. Selon Christophe Bonnal, en février 2025, il y a 36 000 objets de plus de 10 cm autour de la Terre, dont 30 000 sont bien connus. Les 6 000 restants sont des objets militaires non identifiés ou difficiles à suivre en permanence. Les USA, la Russie et la Chine sont responsables de 96 % des débris spatiaux, « un tiers chacun », a dit le spécialiste.

Environ 70 % des 20 000 satellites lancés restent en orbite avec des millions de débris, selon l’ESA en avril 2025.

Selon l’IADC, l’orbite terrestre va se détériorer avec une possible multiplication par deux des débris spatiaux en moins de cinquante ans, d’après son rapport de 2025.

L’ASE prévoit de lancer la mission Clearspace-1 en 2029 pour réduire les débris spatiaux. Avec quatre bras articulés, l’engin doit approcher le débris, « fermer les tentacules », et le ramener vers la Terre pour se désintégrer, avait expliqué la start-up suisse Clearspace à franceinfo en 2020.

La meilleure solution pour réduire les débris spatiaux est de légiférer avec une réglementation partagée et justifiée, selon Christophe Bonnal. C’est pourquoi l’ESA a lancé l’initiative « zéro débris ». Dès 2024, le mouvement a signé une « charte pour la durabilité des activités humaines en orbite terrestre », avec l’ASE et douze autres pays. L’agence vise la neutralité en débris d’ici 2030.

La NASA ne soutient pas directement l’initiative européenne et a présenté sa propre « stratégie intégrée de durabilité spatiale » en 2024. Pam Melroy, administratrice adjointe de l’agence spatiale américaine, a souligné l’importance d’agir dès maintenant pour préserver les zones spatiales essentielles pour les générations futures.


(Article reformulé à l’aide de l’IA)

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