Après la sécheresse “historique” de l’été, l’agriculture française est en pleine crise

Après la sécheresse
Sécheresse en France 2026

La sécheresse importante de cet été en France a des effets visibles même dans les villes. Dans les assiettes, la taille des frites et des salades montre que la chaleur a empêché la bonne croissance des légumes. En raison des vaches qui ont brûlé, les personnes qui aiment le fromage pourraient ne pas trouver beaucoup de chaource ou de Neufchâtel dans leur supermarché.

Après plusieurs mois de manque de pluie, les grandes surfaces assouplissent leurs exigences et mettent en place des aides pour empêcher les producteurs de devoir jeter une partie de leur récolte. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, annonce des mesures d’urgence pour les agriculteurs, ce vendredi 4 septembre. D’après les proches du Premier ministre, le gouvernement compte faire des « économies supplémentaires » pour payer ces nouvelles aides.

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En attendant des solutions, les professionnels remarquent des signes inquiétants : des rendements qui baissent fortement, des stocks de nourriture pour animaux qui disparaissent rapidement, et des fermes en grande difficulté. Ils parlent d’une situation encore plus grave que celle de 1976 ou de 2022.

Il y a quatre ans, la sécheresse avait causé des baisses de récoltes, mais elles étaient moins importantes qu’en ce moment. Certaines cultures, comme le maïs, les pommes de terre et les betteraves, avaient des rendements inférieurs de 10 à 30 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, d’après un rapport du ministère de la Transition écologique, sorti quelques mois après la crise.

En 2026, Annie Genevard a averti que « les rendements des cultures végétales baissent de plus de 50 % dans plusieurs régions du pays ». Elle a confirmé ce que les agriculteurs ont dit depuis juin : « Nous avons observé des champs de maïs qui produiront seulement dix quintaux par hectare. » « C’est une première », a déclaré début août le président de la chambre d’agriculture de l’Allier dans L’Allier Agricole. Deux semaines plus tard, l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a prévu une récolte qui sera « l’une des plus faibles depuis les années 1960 ».

« Dans beaucoup d’endroits, surtout à l’ouest et au centre de la France, les cultures ont séché à cause du manque d’eau, ce qui a fait baisser fortement les récoltes », dit l’association des producteurs de maïs.

Pour le maïs grain, il faut revenir à 2003, une autre année marquée par le climat, pour voir des performances aussi faibles, selon l’institut Agreste. D’après des données initiales, il prévoit une baisse de 19 % de rendement, par rapport à 7 % en 2022, l’année de la dernière sécheresse à grande échelle en France.

Concernant les fruits et légumes, la coopérative Prince de Bretagne, qui regroupe environ cinquante producteurs, a annoncé début août des pertes de 15 % à 100 % des récoltes selon les cultures. Le président a remarqué à la fin du mois qu’on perdait 400 tonnes de salades chaque semaine, en parlant à ICI Breizh Izel. Même les maraîchers de la coopérative avec un système d’irrigation voient leurs récoltes tomber de moitié, avertissait-il. Peu importe les chiffres qui seront donnés bientôt, l’été 2026 est déjà vu comme « la plus grande catastrophe agricole depuis 1945 », a dit l’agroclimatologue Serge Zaka dans un message sur X.

Il y a quatre ans, la production de fourrage avait chuté de plus de 30 % dans tout le pays. En 1976, une grande sécheresse a touché l’agriculture. Selon une estimation de 2008 par l’agronome Gilles Lemaire, le pays avait perdu un tiers de sa production de fourrage dans les deux tiers de son territoire. Cinquante ans plus tard, les éleveurs rencontrent un nouveau problème : dans 13 régions, cinq ont un stock de moins de 50 % par rapport à d’habitude, a déclaré Annie Genevard vendredi sur X. Les huit autres ont vu leur stock diminuer d’au moins 25 %.

« Certaines régions manquent d’herbe », a dit Agreste. Au 20 août, la croissance des prairies en France était inférieure de 36 % à la moyenne de 1989 à 2018. Même les alpages, qui sont d’habitude moins affectés par la sécheresse, souffrent du manque d’eau et des températures très élevées pour leur altitude, a expliqué l’Institut de l’élevage dans un rapport du 10 août.

Les éleveurs doivent donner des aliments supplémentaires à leurs animaux depuis plusieurs semaines. Dans ces circonstances, il y a un risque de pénurie et les prix de la paille et du foin ont déjà augmenté, explique Arnaud Salomon, le négociant, à France 2.

« Tout le pays est concerné. » Les personnes nous demandent beaucoup de produits que nous ne pourrons pas avoir. Arnaud Salomon, qui vend du fourrage, dit que ce n’est pas une question d’argent, mais qu’il n’y en a tout simplement pas.

Les personnes âgées se rappellent de juillet 1976 : en urgence, des camions de l’armée et des trains de la SNCF ont transporté de l’alimentation pour animaux des champs vers les régions d’élevage qui manquaient d’eau. Cinquante ans plus tard, on voit que ce phénomène montre les limites de cette solidarité.

À Ansac-sur-Vienne (Charente), Christophe Hervy a décidé en juillet de vendre 20 % de ses animaux. Ses vaches donnent du lait pour faire les yaourts qu’il vend près de chez lui, ainsi que dans les maisons de retraite et les hôpitaux voisins. Il a réussi à économiser 6 000 euros en ayant moins de personnes à nourrir. Il peut maintenant acheter des stocks de fourrage pour l’hiver.

Marie-Andrée Besson, présidente de Solidarité paysans, une organisation qui aide les agriculteurs en difficulté, est inquiète. Elle dit : “Quand il n’y aura plus de nourriture pour les animaux, après avoir utilisé ce qu’il reste, et qu’il n’y aura pas de solution pour en obtenir, on saura combien d’exploitations pourraient ne pas se rétablir après l’été 2026.”

Marie-Andrée Besson souligne que la sécheresse pourrait être très dangereuse pour les plus jeunes. Le ministère de l’Agriculture pense que « de 30 000 à 35 000 » fermes ont vraiment besoin d’aide, ce qui représente 10 % des fermes en France. L’éleveuse à la retraite dit que « ce sera difficile pour tout le monde ». Les grandes exploitations auront des difficultés, mais elles recevront de l’aide.

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Souvent, les conditions pour obtenir de l’aide ne prennent pas en compte les personnes qui en ont vraiment besoin. Pour les jeunes dans l’arboriculture ou le maraîchage, et pour les fermes qui étaient déjà faibles avant les vagues de chaleur, il y a un danger de ne pas pouvoir se rétablir. « C’est un plan social », dit Marie-Andrée Besson, présidente de Solidarité paysans.

Avant que la sécheresse ne se fasse sentir, la « ferme France » a commencé l’année 2026 avec des problèmes financiers. Au premier trimestre, le cabinet Altares a constaté une augmentation claire des défaillances d’entreprises agricoles, avec une hausse de 21 % par rapport à l’année dernière. Les cultures ont connu 263 problèmes (une augmentation de 28 %), surtout chez les agriculteurs de céréales, a expliqué le site Terre-net. La sécheresse touche tous les secteurs et affecte des travailleurs qui ont déjà vécu plusieurs crises, souvent à cause du changement climatique, dit Denis James, un agriculteur de la région bourbonnaise (Allier).

« Depuis 2000, j’ai vécu en 2003, 2011, 2018, 2019, 2020, 2022 et 2026. » Cette année, la sécheresse est plus forte que jamais. C’est vraiment exceptionnel. Avant, enchaîner les sécheresses était déjà très difficile. Triste à cause de ce nouvel événement climatique, il pense à ceux qui choisiront d’arrêter plus tôt ou qui, comme lui, se disent : « Si ça doit s’arrêter, ce n’est pas grave ». Ils sont nombreux : un sondage fait début août par la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres montre que 64 % des agriculteurs veulent arrêter leur travail. « Je ne comprends pas pourquoi ce serait différent dans les autres régions, » dit l’agriculteur.

Denis James s’inquiète des effets à long terme de la crise sur l’agriculture, un problème que peu de personnes, sauf les agriculteurs, semblent vraiment comprendre. Il parle de collègues qui essaient d’empêcher leurs fils de s’installer. Il pense aussi à ceux qui ne pourront jamais le faire ou qui n’auront pas d’argent pour changer leurs fermes et leurs cultures face aux nouvelles conditions climatiques. L’agriculteur pense que les mesures que le gouvernement va annoncer ne régleront pas vraiment les problèmes.

Marie-Andrée Besson approuve : « Quand il y a trop de problèmes qui s’enchaînent, ce n’est plus juste une crise. » En agissant trop vite, on gaspille l’argent nécessaire pour trouver des solutions durables et sûres pour l’agriculture. Cette sécheresse est très grande, mais elle ressemble beaucoup à ce que les experts prévoient pour notre région à l’avenir. C’est beaucoup plus que le souvenir de 1976.


(Article reformulé à l’aide de l’IA)

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