Les entreprises agricoles dénoncent le crédit d’impôt visant à mutualiser les engins

Les sociétés spécialisées dans les équipements agricoles saisissent l’occasion du Salon de l’Agriculture, clôturé le dimanche 1ᵉʳ mars, pour critiquer un crédit d’impôt inscrit dans le budget de l’État. Ce mécanisme vise à encourager les agriculteurs à regrouper leurs équipements, cependant ils ne peuvent pas en profiter.
En dépit des subventions disponibles pour l’acquisition, le coût d’un tracteur reste très élevé pour un agriculteur, pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est ce que souligne Philippe Largeau, président de la Fédération nationale des entreprises agricoles. En France, il y a 22 000 de ces installations, y compris la sienne localisée à proximité de Poitiers.
À lire >> Le gouvernement augmente le quota d’abattage de loups !
Ce chef d’entreprise acquiert ce type de véhicules et recrute des chauffeurs afin de commercialiser ses prestations auprès des exploitants agricoles. Il souligne qu’il s’agit en même temps de tracteurs et de moissonneuses. Étant donné la forte saisonnalité, nous devons concevoir des systèmes permettant d’optimiser le fonctionnement de ces machines, en les amenant à couvrir des surfaces considérables.
Dans le but d’encourager les agriculteurs à ne pas acquérir ces machines individuellement, l’État a mis en place ce crédit d’impôt, dont le montant est estimé à 30 millions d’euros chaque année. Cependant, il ne s’applique pas aux exploitants agricoles faisant appel à ces sociétés, ce qui menace une partie des 170 000 emplois du secteur selon Philippe Largeau, président de la Fédération nationale des entreprises agricoles. Ce dernier exprime son indignation en qualifiant cette situation de distorsion de concurrence. Il exprime son agacement en soulignant que si les clients optent pour un système éligible au crédit d’impôt, cela aura inévitablement un impact négatif sur le chiffre d’affaires de l’entreprise.
En France, les 10 000 coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma) sont admissibles. Ainsi, les agriculteurs peuvent acquérir collectivement des équipements afin de les utiliser selon leurs besoins. Selon Marine Boyer, présidente de la fédération nationale de ces coopératives, cette pratique constitue une forme de reconnaissance envers l’agriculteur qui opte pour mutualiser ses ressources. Selon elle, ce crédit d’impôt est considéré comme une mesure minimale par rapport aux subventions publiques destinées à l’acquisition individuelle d’équipement agricole, un soutien financier évalué à plus d’un milliard d’euros chaque année par l’État.
Marine Boyer souligne que les avantages fiscaux sont disponibles pour les individus investissant en leur nom propre, qu’ils soient agriculteurs ou entrepreneurs. Ainsi, ils bénéficient actuellement de ces avantages d’accès. Nous plaidons en faveur d’une réforme fiscale visant à réorienter vers une approche plus collective de la fiscalité. Selon les données de la fédération, le taux de mutualisation des machines agricoles en France est inférieur à 10 % à ce jour.
