La chasse en Sologne « c’est du ball-trap sur cible vivante »

La chasse en Sologne C’est une forme de chasse dénoncée par de nombreux chasseurs : les battues à l’intérieur d’enclos grillagés sont pointées du doigt. « Carnage cynégétique » pour les uns, respect du droit de propriété pour les autres… En Sologne, terre privilégiée de ce type de chasse, la question divise.

Raymond Louis a créé l’association les amis des chemins de Sologne ne supporte plus la multiplication des clôtures qui dénaturent le paysage forestier, selon lui, comme ici, près de La Motte-Beuvron : « Vous voyez, là c’est une clôture de chasse qui fait environ 2,30 mètres de hauteur.

Il y a plus de 3 000 kilomètres de ces grillages en Sologne. Les membres de l’association y retrouvent régulièrement des biches ou chevreuils morts coincés.

Dans ces propriétés fermées, le gros gibier est quelques fois importé, le plus souvent nourri. Lors des chasses, des rabatteurs dirigent sangliers et cervidés vers les miradors, d’où ils sont abattus, parfois trop massivement aux yeux d’Hubert-Louis Vuitton, président de la fédération départementale des chasseurs du Loir-et-Cher.

Selon l’association des amis des chemins de Sologne, près de 300 sangliers et cervidés ont été abattus en trois heures il y a quelques semaines dans un domaine du Loiret.

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Par ailleurs, les chasseurs ne sont pas soumis aux plans de chasse, ça veut dire que vous pouvez chasser le nombre d’animaux que vous le souhaitez, explique Jean-Noël Rieffel, qui dirige l’Office français de la biodiversité Centre-Val-de-Loire.

Le député La République en marche (LREM) du Cher François Cormier-Bouligeon a donc rédigé une proposition de loi pour interdire ces chasses en enclos, selon lui essentiellement le fait de quelques riches familles : « Des grandes fortunes françaises sont venues acheter des grandes propriétés en Sologne pour pouvoir y organiser des weekends, entre ‘privilégiés’, non pas de chasse, mais de carnages cynégétiques. Or moi, je suis naturellement favorable à la chasse, à condition que ce soit la chasse d’animaux sauvages, qui ont la possibilité de s’enfuir. »

Si ces patrons imbus de leur personne sont critiqués, c’est surtout parce qu’ils font des envieux, estime le chef d’entreprise : « C’est devenu en fait une lutte des classes. Il y a une question de jalousie. Ces gros tableaux de chasse [tous ces animaux tués], ça les rend dingues. Et puis ça arrange bien tout le personnel, qui éventuellement serait licencié si demain on devait abaisser nos clôtures ou les enlever. C’est nous qui faisons vivre la Sologne. Si on n’était pas là, qu’est-ce qu’elle deviendrait leur Sologne ? ».

Somme-nous au 21ᵉ siècle ou bien encore au temps du Moyen Âge ?



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