Un testeur de poche de protoxyde d’azote intéresse beaucoup les forces de l’ordre

Un testeur de poche de protoxyde d'azote intéresse beaucoup les forces de l'ordre
Un nouveau dispositif pour traquer le protoxyde dazote sur les routes est proposé par une entreprise française © Olythe

Au sein d’une exposition regroupant des véhicules blindés et des armes à feu, un petit dispositif noir, ressemblant à un stylo de grande taille, attire fortement l’attention lors du salon Milipol, événement majeur pour les acteurs de la sécurité intérieure des États. Il s’agit d’un capteur portable de protoxyde d’azote. Le nom de ce dispositif est “OCIN₂O” et il est développé par l’entreprise basée à Aix-en-Provence, Olythe. Selon Guillaume Nesa, qui dirige cette entreprise spécialisée dans l’analyse de l’air expiré, il suffit de souffler pendant quelques secondes pour l’utiliser. Ensuite, un résultat est obtenu pour déterminer la présence éventuelle de protoxyde d’azote. Il s’agit d’un type d’éthylotest.

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Le protoxyde d’azote suscite actuellement un vif intérêt, en particulier suite au décès de Mathis, âgé de 19 ans, au début du mois de novembre. Le jeune homme a été tragiquement heurté mortellement par un conducteur ayant inhalé du protoxyde d’azote. Également connu sous le nom de « protoxyde diazote », ce gaz, employé dans le domaine médical et culinaire, n’est pas classé comme une substance stupéfiante. Les organisations de prévention et les avocats de la famille de Mathis recommandent la mise en place de tests de dépistage lors de la conduite. Ce gaz euphorisant, rapidement métabolisé par l’organisme, était réputé pour sa difficulté de détection, contrairement au cannabis ou à l’alcool.

L’OCIN₂O est utilisé pour quantifier la concentration de protoxyde d’azote (N₂O) en parties par million (ppm), une unité de mesure couramment employée en analyse de gaz, en recourant à la spectroscopie infrarouge miniaturisée. Il s’agit d’une méthode d’analyse chimique établie sur l’interaction entre la lumière infrarouge et la matière.

Cet équipement permet de mesurer le taux de protoxyde d’azote dans l’air expiré sur une durée prolongée. Selon Guillaume Nesa, il est possible de le détecter pendant cinq heures dans l’air expiré. Il est également envisageable de confirmer l’exposition au protoxyde d’azote par le biais d’une analyse sanguine, cependant, en raison de la rapide dissipation du gaz, la période d’analyse est limitée.

Depuis le commencement de l’exposition, cet équipement a suscité un vif intérêt de la part des autorités françaises. Actuellement, Guillaume Nesa collabore exclusivement avec les forces de l’ordre de pays européens voisins tels que la Belgique et le Danemark. Quelle est la raison ? En France, il n’existe pas de législation nationale concernant le protoxyde d’azote.

En ce moment, Guillaume Nesa et ses équipes collaborent avec divers secteurs d’activité en France, tels que les entreprises responsables de la gestion des chauffeurs de bus, des transports scolaires ou des camions, car ces dernières ont un besoin impérieux de détecter la présence de toutes les drogues. Olythe souhaite améliorer son dispositif en intégrant un système de verrouillage pour prévenir tout démarrage en cas de détection de protoxyde d’azote. En dernier lieu, le groupe basé à Aix-en-Provence vise à développer un dispositif unique capable, par une simple expiration, de détecter la présence d’alcool, de cannabis ou de protoxyde d’azote.

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