Ce que préconise le rapport de la commission d’enquête sur TikTok

Ce que préconise le rapport de la commission d'enquête sur TikTok
L’interdiction des réseaux sociaux, à l’exception des messageries, pour les moins de 15 ans et l’instauration d’un « couvre-feu numérique » pour les 15-18 ans figurent parmi les recommandations phares de la commission d’enquête parlementaire sur les impacts psychologiques de TikTok sur les jeunes, dont les conclusions ont été dévoilées ce jeudi 11 septembre.

À consulter >> Au contact de l’homme, les animaux ont changer de taille

Le rapport, rédigé par les députés Arthur Delaporte (PS) et Laure Miller (EPR), a été validé le 4 septembre après 95 heures d’auditions. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation de grande envergure visant à transformer rapidement les discours en actions politiques pour contrer les effets dévastateurs de cette plateforme sur la santé mentale des jeunes. Débutée en mars, la commission a mené des auditions durant de longs mois, interrogeant des familles de victimes, des responsables de réseaux sociaux et des influenceurs afin d’analyser en détail l’algorithme de TikTok.

Les conclusions de la commission sont catégoriques : TikTok est qualifié de « véritable dépotoir », un réseau incontrôlable qui cible la jeunesse. La commission dénonce la prolifération de contenus nuisibles bénéficiant d’une large diffusion. Le modèle économique et algorithmique du réseau social est conçu pour attirer l’attention à tout prix, en particulier celle des jeunes, indiquent les parlementaires.

L’algorithme de TikTok, détenu par le géant chinois ByteDance, ne prend pas en compte les préférences de l’utilisateur, mais se concentre sur le temps qu’il passe sur une vidéo, favorisant ainsi la mise en avant de contenus sensationnalistes, soulignent les experts. Selon le rapport de la neurologue et neurophysiologiste Servane Mouton, co-présidente de la commission d’experts sur l’impact de l’exposition des jeunes aux écrans, la motivation principale de TikTok n’est pas le bien-être de ses utilisateurs, mais vise uniquement à générer des profits.

Devant cette observation, les députés rapportent que « les dirigeants de TikTok ont choisi de ne pas répondre aux interrogations» lors de leur audition. Les parlementaires soulignent que ces auditions ont permis de mettre en lumière le refus de la plateforme de reconnaître tous les aspects problématiques soulignés dans le rapport.

Les auditions des influenceurs au mois de juin n’ont pas été très fructueuses selon eux, qui critiquent le comportement cynique et dangereux de certains influenceurs face au laxisme des plateformes. Plusieurs discussions ont été marquées par des tensions, en particulier celle impliquant l’influenceur Alex Hitchens, qui avait brusquement mis fin à l’appel des députés le 10 juin dernier lors de son audition en visioconférence.

À l’issue de ces travaux, les parlementaires ont formulé 43 recommandations afin de « protéger nos enfants des dangers de TikTok». Ils suggèrent donc d’interdire l’accès aux réseaux sociaux, à l’exception des messageries, aux moins de 15 ans à l’échelle du pays, et de mettre en place un couvre-feu numérique de 22 heures à 8 heures pour les réseaux sociaux des 15-18 ans.

À lire >> Une étude révèle que les Ehpad gérés par de grands groupes privés affichent des tarifs plus élevés tout en disposant d’un effectif de personnel réduit

Une autre recommandation d’importance éminente émane du rapport : la mise en place d’une large campagne d’information concernant les dangers des réseaux sociaux. Cela inclurait la proposition de formations spécifiques destinées aux parents, intégrées directement dans le carnet de santé de l’enfant. Cette initiative serait suivie par l’instauration d’un « délit de négligence numérique» visant à sanctionner les parents jugés irresponsables.

Enfin, la commission dédiée à TikTok aborde la question de l’éducation. Plusieurs recommandations sont formulées à l’égard de l’Éducation nationale, notamment celle de « perpétuer et étendre le dispositif ‘portable en pause’ à tous les établissements scolaires, de bannir les téléphones dans les lycées» ou encore de « promouvoir une diminution de l’usage du numérique au sein de l’Éducation nationale».

Une loi hexagonale concernant la majorité numérique, votée durant la saison estivale de l’année 2023, requiert d’ores et déjà une validation parentale pour que les individus de moins de 15 ans puissent accéder aux plateformes sociales. Toutefois, son application demeure en suspens, faute de garanties quant à sa compatibilité avec la législation européenne.

N'hésitez pas à nous suivre et à nous aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *