Les sanctions américaines gênent déjà les compagnies pétrolières russes

Les sanctions américaines gênent déjà les compagnies pétrolières russes
Rosneft et Lukoil compagnie pétrolière russe

En Russie, la production de pétrole est toujours abondante, cependant la demande de ce dernier diminue progressivement. Les sanctions américaines, décrétées par Donald Trump le 22 octobre, prendront effet le vendredi 21 novembre. Elles ciblent les deux principales entreprises pétrolières russes, à savoir Rosneft, détenue par l’État, et Lukoil, une société privée. Ces deux groupes se trouvent dans une situation d’embarras accru puisque leurs principaux clients étrangers ont déjà effectué un changement de fournisseurs.

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En Inde, plus précisément à Jamnagar, où est située la plus grande raffinerie du monde, le groupe privé Reliance avait l’habitude de passer une commande de 500 000 barils par jour à Rosneft. Cependant, Reliance Industries a officialisé le jeudi 20 novembre l’arrêt complet de sa production destinée à l’exportation vers l’Europe et les États-Unis. Le pétrole brut provenant des contreforts de l’Oural, utilisé dans le processus de raffinage de l’essence, du diesel et du kérosène, a été progressivement remplacé par du pétrole en provenance d’Irak et d’Arabie saoudite.

Ces derniers jours, on a observé une multiplication d’annonces similaires en Chine et en Turquie. Dans l’ensemble, ces nations ont tendance à privilégier les conflits avec Moscou plutôt qu’avec Washington. Quel est le résultat ? Les réserves s’accumulent et les prix chutent, tandis que la Russie requiert ces revenus pétroliers pour soutenir son effort de guerre. Le pétrole, également appelé « or noir », constitue plus de 30 % de son budget global.

Ces mesures restrictives ont par ailleurs un impact tangible sur les consommateurs européens. En Finlande, en particulier, la branche finlandaise de Lukoil, Teboil, s’apprête à fermer la totalité de ses 430 stations-service. Ceci correspond à 20 % d’une station et environ 1 200 postes de travail. L’opérateur a récemment mis en garde le gouvernement : une fois les cuves vidées, les stations devront fermer définitivement.

Les consommateurs finlandais pourront se tourner vers d’autres fournisseurs, cependant, chez Lukoil, les tarifs pratiqués à la pompe étaient nettement plus avantageux que ceux proposés ailleurs. Outre la Finlande, la société détient également des stations dans les pays baltes, en Roumanie et en Bulgarie.

Afin d’éviter les sanctions, la Bulgarie a pris la décision radicale de procéder à la nationalisation des actifs de Lukoil présents sur son territoire. Le groupe, jouissant d’une position de quasi-monopole, contribue à hauteur de 10 % du PIB bulgare. Il détient à Bourgas, en bordure de la mer Noire, une raffinerie qui constitue la plus grande entreprise du pays. En Bulgarie, Lukoil occupe également la position de premier fournisseur de carburant pour les compagnies aériennes.

Afin de prévenir les interruptions d’approvisionnement et une crise économique majeure, le groupe a été placé sous tutelle. Un administrateur a été désigné par l’État pour superviser la cession des actifs et verser les recettes sur un compte gouvernemental. Cela conduit l’opposition à affirmer que les fonds seront directement accaparés par les oligarques qui exercent leur influence sur l’exécutif… Cependant, cela relève d’une autre problématique. Bucarest a reçu une prolongation jusqu’à la fin du mois d’avril pour se préparer, accordée par Washington.

En Hongrie, Viktor Orbán, qui est un allié idéologique de Vladimir Poutine et de Donald Trump, a également bénéficié d’une dérogation des États-Unis pour une période d’au moins un an afin de diversifier ses sources d’approvisionnement, une démarche qu’il n’avait pas entreprise jusqu’à présent.

En toute circonstance, ce sont effectivement les entreprises pétrolières russes qui subissent des pertes. D’après les estimations du Financial Times, la cessation des opérations internationales de Lukoil pourrait entraîner une perte de 14 milliards d’euros. Depuis le début du conflit en Ukraine, il s’agirait de la plus grande contre-performance subie par une entreprise russe en raison des sanctions occidentales. Le principal actionnaire, Vagit Alekperov, considéré par le magazine Forbes comme l’homme le plus fortuné de Russie, devra abandonner sa position dominante.

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